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SCÈXE VII LE BARON, LE COMTE

LE COMTE

Vous ici, monsieur le baron !

LE BARON

Mais ma présence n'a pas lieu de vous étonner. Mes rapports avec cette famille remontent à une époque très ancienne et les dames de la Roseraye n'ont pas de serviteur plus sûr ni plus respectueux que moi.

LE COMTE

Ici ou ailleurs, monsieur le baron, je suis enchanté de vous revoir et de vous retrouver toujours aussi jeune, aussi vaillant. Vous ne changez pas. Belle vieillesse, morbleu! dont vous devez être fier et qui ferait envie à bien des hommes de mon âge. Comment diable votre génération s'y est-elle prise pour manquer si totalement la nôtre? — Vous me gardez rancune, je le vois, de la conversation un peu vive que nous avons eue avant mon départ pour l'Afrique. Vous êtes violent, quand vous vous y mettez; moi, c'est mon état le plus ordinaire. Les Arabes ont un très beau proverbe que je ne connaissais pas alors. Ils disent : « Le lion ne combat pas avec le lion. » Si je n'étais pas toujours sur les grandes routes, je serais allé vous voir depuis longtemps. Ma mère, je m'en souviens, vous préférait à ses autres frères, et j'ai hérité de son enthousiasme pour vos grandes vertus chevaleresques.

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