SCÈNE VIII Les mêmes, HÉLÈNE
HELENE, pâle et agitée, elle marche précipitamment sur le comte.
Lâche ! lâche ! Vil personnage dont la parole salit
plus que la boue. Il raille les femmes qui l'ont aimé ; il insulte une enfant qu'il a perdue ! Qu'est-il donc, cet homme, qui ne respecte pas les fautes dont il est le complice ? Qu'a-t-il fait pour jeter sur tous ses semblables le fiel de ses outrages ? Qu'il nous montre les exemples de devoir et de sacrifice qu'il a donnés ! Dans quel monde de justes et de femmes saintes a-t-il donc vécu, qu'il est sans pitié pour les faiblesses de la passion et les entraînements de la vie ? Mon père valait mieux que vous. Il est mort en homme de cœur, au milieu des siensr qui l'ont pleuré. Vous, vous vivez seul, vous mourrez seui. Allez chercher vos paysannes, elles vous casseront leurs sabots sur le visage, quand vous vous approcherez d'elles. Indigne tentateur, le plus corrompu des hommes, traître, sauvage, écoutez ce que je vais vous dire. Avant peu vous serez aussi las de vous-même que des autres, et vous mépriserez votre propre personne. Rongé de dégoûts et d'amertumes, abandonné, haï, vous regretterez alors cette femme que vous aurez méconnue et qui se sera purifiée dans la retraite et dans l'austérité de son misérable amour. Vous aurez été la tache de sa vie, elle sera le remords de la vôtre.
Pause. Un bruit confus se fait entendre auquel le baron le premier prête attention. On distingue bientôt les cris de : « Vive Pauper ! » Des ouvriers envahissent le fond de la scène. Entrent Michel et Mnie de la Roseraye.