LE BARON, LE COMTE, MICHEL, MADAME DE LA ROSERAYE, HÉLÈNE
MICHEL, redescendant la scène avec Mme de la Roseraye.
Ai-je été sot de vous déranger pour une égratignure ! Je pensais à vous en tombant et je n'ai écouté que mon envie de vous voir. Quel est ce monsieur ?
MADAME DE LA ROSERAYE
Un neveu du baron, le comte de Rivailles. Ditesmoi au moins si vous souffrez ?
Nullement, je vous assure. — II ne me revient pas, votre comte.
MADAME DE LA ROSERAYE, au comte.
Je regrette bien que vous ayez choisi pour nous faire visite un jour aussi occupé que celui-ci.
LE COMTE
Vous êtes tout excusée. On vous aura dit, madame, •que j'avais fait prendre plusieurs fois de vos nouvelles, et, sans la crainte de me présenter chez vous mal à propos, je serais venu déjà me mettre à votre disposition.
MADAME DE LA ROSERAYE
Vous êtes un ami trop nouveau, monsieur le comte, et un peu jeune pour que nous acceptions vos servi-
ces ; je ne vous en remercie pas moins de nous lesoffrir.
HÉLÈNE
Il faut, ma mère, dire à M. de Rivailles le parti que nous avons pris de ne plus recevoir personne.
MADAME DE LA ROSERAYE, surprise.
Oui, en effet.
LE BARON
M. de Rivailles attend, madame, que je vous apprenne moi-même le véritable motif de sa présence. J'avais prié mon neveu de se trouver ici pour être assisté d'un parent dans la démarche que je vais faire auprès de vous. Moi, Charles-Frédéric-Guillaume, baron d'Holweck-Mickelbourg, prince de Mohr, gentilhomme du duché de Saxe naturalisé- citoyen français, ancien franc-maçon, auteur d'un mémoire sur le Feu couronné par l'Académie des Sciences, j'ai l'honneur de vous demander la main de M1,e Hélène de la Roseraye.
MICHEL
Vous, vous, baron de Sainte-Périne, gentilhomme de la Salpêtrière !
MADAME DE LA ROSERAYE, l'arrêtant.
Mon ami !
MICHEL
Mille pardons, monsieur le baron... (il va pour s'adresser à Hélène, mais interdit par sa contenance, il se retournevers Mme de la Roseraye.) Parlez ! parlez !