ACTE CINQUIÈME
HELENE
Je ne le veux pas. (Elle se jette à ses pieds.) Tais-toi, par pitié, tais-toi. Ne prononce plus ce mot affreux. Maîtrise ce besoin terrible qui t'a déjà fait tant de mal. Ménage les forces qui te restent et mes soins de tous les instants te rendront à la santé, à tes travaux, à ton génie. Distingue la voix qui te parle. Retrouve dans les plis de ta pensée et de ton cœur le portrait de la créature qui est là, à tes genoux. Souviens-toi de ton amour pour elle.... mais rappelle-toi donc. Rappelle-toi cette nuit épouvantable, où un homme égaré par la vengeance, le couteau à la main...
MICHEL, tombant dans son fauteuil, suffoquant.
Assez, assez, assez !
HÉLÈNE
Cette jeune femme , vêtue d'une robe blanche qu'elle était indigne de porter, reconnais-la. C'est moi, moi, Hélène, la douleur et le repentir m'ont purifiée ; reconnais-moi pour me pardonner.
MICHEL
Pourquoi me faites-vous peur ?... Je ne les ai jamais vus, ces gens-là ! Est-ce que je peux vous défendre... Je suis trop faible pour vous défendre.
HÉLÈNE Il a tout oublié !
Laissez-moi... Qu'on ne me parle plus... Vous me cassez la tête... Ah! ma pauvre tête... elle s'em-
brouille... Je m'en vas... Au secours..., à boire...,
là... là... aidez-moi donc, (il balbutie et regarde Hélène qui, tout en le suivant des yeux, s'est dirigée vers la porte de gauche pour chercher du secours. — Courant sur elle.) Tu
m'emportes mes diamants !... Mes diamants ! Où sont -mes diamants ?
Il pousse un cri, et se précipitant sur ses appareils, il démasque sa découverte. — Illumination du laboratoire par les diamants ; il saisit un bloc cristallisé qui lui échappe des mains et se brise en éclats. Il tombe et meurt, la tête entourée de diamants. — Hélène a appelé. — Mme de la Roseraye, accourue la première, se jette sur le corps.
LE BARON, très ému de ce spectable.
Le monde vient de perdre un grand homme et la science un grand secret.
FIN