SCÈNE PREMIÈRE RAOUL, EMMA
RAOUL, il est assis dans le fauteuil occupé précédemment, par de la Rouvre.
Pourquoi riez-vous ?
EMMA
Pour rien. Je vous ai prié plusieurs fois de vous asseoir à une autre place.
RAOUL
Mais je me trouve très bien là.
EMMA
Vous avez tort. Je n'ai pas l'habitude de vous-, voir dans ce fauteuil où vous n'êtes pas à votre avantage.
RAOUL, se levant brusquement.
Désirez-vous que je quitte cette chambre aussi, et. la maison par-dessus le marché ?
EMMA
N'ayez donc pas de ces mouvements brusques, qui vont si mal à votre nature tranquille et un peu lourde.
RAOUL
Il faut convenir, ma chère Emma, que notre fameuse réconciliation n'avance pas du tout. Elle reculerait plutôt. Vous m'avez reçu fort bien à mon arrivée, je l'avoue. Depuis vous ne m'avez fait ni plaintes ni récriminations, c'est encore vrai...
EMMA
Que me reprochez-vous alors ?
RAOUL
Votre attitude de princesse et votre indifférence de religieuse.
EMMA
Peut-être étiez-vous trop sûr de me plaire, c'est le contraire qui a eu lieu.
RAOUL
Je ne croyais pas que l'on mécontentât sa femme en se montrant amoureux d'elle. Cette maladresse au moins, si c'en est une, ne vous autorise pas à manquer de bonne grâce et d'intimité avec moi... J'attends encore docilement les leçons que vous m'aviez promises.
Oui, j'avais pensé un moment à vous éduquer. Je voulais vous donner des lumières et du sérieux, de