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ACTE DEUXIEME

RAOUL

Filons, n'est-ce pas?

ANTOINETTE

Me reconduis-tu à Paris ?

Non. Nous allons flâner dans le village le plus prudemment possible et vous repartirez par le premiertrain.

ANTOINETTE

Raoul, tu ne m'aimes plus ou tu es ruiné.

RAOUL

Pourquoi ruiné ? Vous savez bien qu'au milieu de toutes mes folies je suis un garçon économe. C'est un trait de mon caractère.

ANTOINETTE

Alors tu ne veux plus de moi.

RAOUL

Je vous adore, ma chère Antoinette ; vous me plaisez infiniment et je m'ennuie loin de vous. Mais je suis ici par devoir, un mot que vous n'avez jamais compris ; et vous ne pouvez pas rester par décence, un autre mot que vous ne comprendrez jamais. Allons-nous-en.

ANTOINETTE

Je pars, mon ami. Reste chez toi; ne m'accompagne pas. Tu te portes bien, tu n'es pas ruiné, tu.

m'aimes, c'est tout ce que je voulais savoir. Je ne te demande plus qu'un compliment sur ma toilette. Quel goût ! Quelle distinction ! On n'a pas Pair d'une femme qui sort du demi-monde?

Non, mais d'une femme qui va y rentrer. ANTOINETTE

C'est méchant ce que tu me dis là, mais c'est très spirituel, comme tout ce qui sort de ta bouche. Me trouves-tu jolie, oui ou non ?

RAOUL Très jolie.

ANTOINETTE

Lâche le mot : je suis éblouissante.

RAOUL

Quel bon petit singe tu fais ! Te sauveras-tu enfin ?

ANTOINETTE

Donne la patte. (Ils se tiennent les mains un instant.) J'ai

reçu la visite de ton ami.

RAOUL Lequel ?

ANTOINETTE

Ton nouvel ami... le receveur. Est-ce vrai qu'il te remplace toujours en ton absence ?

RAOUL

A quel propos vous a-t-il dit cela ?

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