ACTE DEUXIÈME
Mais je n'ai rien ici ; c'est le salon.
ANTOINETTE
Sonne.... Je vais sonner moi-même, ce sera plus vite fait.... Quel air désespéré tu as ! Ne t'impatiente pas, c'est l'affaire d'une seconde.
(Auguste rentre.) RAOUL
Auguste, voyez ce que madame désire.
AUGUSTE
Madame voudrait se restaurer un peu ? (A part.) Je m'en doutais.
ANTOINETTE
Oui. Est-ce que ce serait bien long de me faire une côtelette ? (Mouvement de Raoul.) Non, pas de côtelette. Apportez-moi deux biscuits et un verre de vin de Bordeaux. Non, de Malaga. Non, un simple verre d'eau, mais tout ce que vous avez de meilleur en eau.
AUGUSTE
Madame veut- elle que je l'envoie chercher à Paris ?
RAOUL
Auguste, faites ce que vous dit madame et faites
vite. (Auguste sort.)
ANTOINETTE
Comme tu lui parles à ce pauvre vieux ! C'est un homme comme toi.
RAOUL
Vous n'allez pas mettre la maison sens dessus dessous.
ANTOINETTE
Préfères-tu que je parte sans rien prendre ?
RAOUL
Maintenant qu'on va vous servir ce que vous avez demandé.
Auguste rentre avec un plateau.
ANTOINETTE, prenant le verre
Merci, mon ami. Ah ! je viens d'ouvrir mon gant. On me presse trop, ce n'est pas raisonnable. Priez monsieur de tenir ce verre.
AUGUSTE, remettant le plateau à Raoul
Madame prie monsieur de porter ce plateau.
ANTOINETTE
Envoyez-moi la femme de chambre. Je ne peux plus sortir avec un gant dans cet état. (Auguste sort.) Tiens-toi tranquille ; tu vas renverser ce verre. C'est ta femme qui te donne tant d'émotion ? Comme les hommes tremblent pour peu de chose. (Auguste rentre avec Adèle.) Ayez l'obligeance, mademoiselle, de me faire un point à ce gant.
Emma entre.