SCÈNE VII Les mêmes, plus EMMA
ANTOINETTE
Mme de Sainte-Croix, n'est-ce pas? Vous me surprenez madame , en train de bouleverser votre maison.
EMMA
On aurait dû m'avertir que vous étiez là, madame. ANTOINETTE
Votre mari voulait le faire, je l'en ai empêché. Je n'avais qu'un petit quart d'heure à moi, et ce n'était pas assez pour une première visite.
ADÈLE
Voilà le gant de madame.
ANTOINETTE
Merci, mon enfant.
AUGUSTE
Madame ne désire pas encore autre chose ?
ANTOINETTE
Je suis bien comme ça.
EMMA
A quel hasard, madame, devons-nous le plaisir de vous recevoir ?
RAOUL, sur un signe d'Antoinette
La comtesse Bordogni... une amie d'enfance.
ANTOINETTE
On m'avait assuré que je trouverais dans ce pays la propriété que je cherche. Je suis venue voir moimême, sans réfléchir qu'en écrivant à M. de Sainte- Croix, il m'aurait évité ce petit voyage. Je ne le regrette pas maintenant.
EMMA
Mon mari, madame, était bien la dernière personne en état de vous renseigner. Il n'est ici que depuis peu de jours.
ANTOINETTE
Ah ! Et où étiez-vous donc, monsieur, s'il n'y a pas d'indiscrétion à vous le demander?
RAOUL
Où j'étais, moi, madame ? J'étais retenu à Paris (bas) chez un monstre.
EMMA
Est-ce le pays qui vous déplaît, madame, ou bien n'avez-vous pas été heureuse dans vos recherches ? Nous pourrions nous mettre en quête de notre côté et, avec le secours de nos voisins, vous trouver ce que vous désirez.
ANTOINETTE
Si vous le voulez bien, je vous serai très reconnaissante. J'aurais tant de plaisir à reprendre avec la fa-