SCÈNE V
EMMA, seule.
Femme vulgaire, diseuse de futilités et de lieux communs, oui, tu es bien la mère de ton fils, et tu lui es supérieure encore ! Ton existence au moins ne manque pas d'harmonie ; elle a la grandeur des choses régulières. Tu as été loyale, dévouée, charitable ; tu as été frivole aussi et bornée, c'est le lot des femmes ; à ce qu'il paraît, tu l'as accepté. Mais ton misérable fils, cet homme nul et malfaisant, comblé jusqu'à l'injustice des faveurs de ce monde, et qui ne rend au monde que des exactions.
Il faut prendre un parti où je ne compte plus qu'avec moi-même, après m'être sacrifiée trop longtemps. Honneur, devoir, considération, j'ai respecté ces grands mots autant qu'une autre, et j'aurais voulu donner le spectacle d'une intelligence libre soumise à