‹ Théâtre completChapitre 37 sur 235 · SCÈNE VI Les mêmes, BERNARDIN · texte numérisé non relu

SCÈNE VI Les mêmes, BERNARDIN

Entrent successivement Mme Delaunay, le capitaine de pompiers, Victoire, Mni« Bernardin, le percepteur des contributions, un homme du chemin de fer.

BERNARDIN

Ah ! mon cher maître, vous avez trouvé le temps de venir.

DELAUNAY

Vous voyez, je fais attendre la clientèle pour vous.

BERNARDIN

Je vous tiens, je ne vous lâche plus. Vous nous restez jusqu'aux adieux ?

C'est entendu. Mme Delaunay doit venir me rejoindre ici.

BERNARDIN

A merveille ! Elle va bien ?

DELAUNAY

Très bien. La santé d'une femme dépend bien souvent de son bonheur en ménage, et c'est un ménage si heureux que le nôtre !

BERNARDIN

Dites-moi, mon cher maître, vous étiez là, vous

02 l'enfant prodigue

avez entendu le petit discours que j'ai prononcé sur la tombe de mon pauvre collègue. Comment cela vous a-t-il paru ?

DELAUNAY

Charmant ! Si, si, charmant ! Je ne vous dirai pas que vous et Bossuet vous faites la paire, mais c'était très gentil. Il y a surtout une phrase..., aidez-moi donc.

BERNARDIN

Oui, la dernière : « Ainsi finiront, messieurs, plusieurs d'entre nous, travailleurs obscurs, mais non inutiles, qui, aidés par les circonstances, auraient brillé au premier rang. »

DELAUNAY

Maxime éternellement neuve ! Il y a de l'étoffe en vous, monsieur Bernardin ; vous n'avez donc jamais été ambitieux ?

BERNARDIN

Si, je le suis peut-être encore. L'échelle m'a toujours manqué. (Entre M»»e Delaunay, une rose à la main.)

Voici Mme Delaunay.

Il va la recevoir.

DELAUNAY, à part.

Ah ! l'échelle t'a toujours manqué. « Ainsi finiront plusieurs d'entre nous... » C'est son oraison funèbre qu'il a faite là. Il est bête !

MADAME DELAUNAY, en réponse aux coquetteries de Bernardin.

Vous êtes l'homme le plus galant que je connaisse.

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