ACTE PREMIF.R
BERNARDIN
J'ai composé ce matin un petit bouquet à Chloris pour une personne qui n'est pas loin de moi. (Récitant.) « Ainsi finiront, messieurs.... » Pardon, ce n'est pas cela.
Chloris, on vous a dit, je gage, Que j'étais perfide et volage ;
N'en croyez rien.
Mais si quelqu'un vient à vous dire Qu'en secret pour vous je soupire, Croyez-le bien.
MADAME DELAUNAY
C'est charmant. Mon mari devrait bien prendre modèle sur vous. Il ne m'a jamais fait de vers.
Entre le capitaine de pompiers ; Bernardin quitte Mm« Delaunay pour aller le recevoir.
MADAME DELAUNAY, allant à Théodore.
Vous allez donc partir, monsieur?
THÉODORE Oui, madame.
MADAME DELAUNAY
Et vous ne souffrez pas de quitter vos excellents parents ?
THÉODORE Oh î si, madame.
MADAME DELAUNAY
Il n'y a pas d'autre personne ici que vous regretterez ?
D4 L'ENFANT prodigue
THÉODORE
Il y en a une. (A part.) Victoire.
MADAME DELAUNAY
Et vous ne pouvez pas me dire son nom ?
THÉODORE
Ne me le demandez pas, madame. Sa position nous a toujours commandé la plus grande réserve.
BERNARDIN
Théodore, le capitaine !
MADAME DELAUNAY, à part.
L'innocent ! Il a attendu son dernier jour pour se déclarer ; il est bien temps.
LE CAPITAINE, à Théodore.
Oui, mon garçon, je n'ai pas voulu te laisser partir sans signer ta feuille de route, comme nous disons. (A Bernardin.) A quelle heure part-il ?
BERNARDIN, tirant sa montre.
Diable ! Dans trois quarts d'heure ! Victoire, allez me chercher un sucrier, une carafe et un verre, tout ce qu'il faut pour parler.
VICTOIRE Bien, monsieur.
BERNARDIN
Victoire, vous poserez cela sur cette table, sur la table qui a un tapis vert.