‹ Théâtre completChapitre 40 sur 235 · LE CAPITAINE · texte numérisé non relu

LE CAPITAINE

C'est quelqu'un qui se sera mouché sur la route.

DELAUNAY

Monsieur Bernardin, vous avez la parole.

Les personnages, allant de gauche à droite, sont placés de la manière suivante : le capitaine, Mme Delaunay, Théodore, Mme Bernardin. Bernardin, la table devant lui, Delaunay ; au fond, Victoire assise sur une malle.

BERNARDIN

Mon fils, en t'exilant pour quelques mois de ton pays natal et du berceau de ta famille, je ne cède pas au désir bien naturel chez les pères de se débarrasser -de leurs enfants. Tu dois voir là, au contraire, une preuve nouvelle de mon affection qui ne recule pas

devant la dépense.

THÉODORE

Oui, papa.

BERNARDIN

Ne m'interromps pas. Cependant cette affection n'est pas aveugle, et ce serait t'aimer bien mal que de te laisser une seule illusion sur tes avantages personnels. Tu n'es pas beau ; ton intelligence est au-dessous de la moyenne...

Mme Bernardin révoltée embrasse tendrement Théodore. BERNARDIN, reprenant.

Et tu seras bien heureux à la mort de ton père (dénégations de Théodore), tu seras bien heureux de trouver les économies qu'il aura si péniblement amassées. Mais rien n'est stable et assuré en ce bas monde, où les grandes comme les petites choses nous échappent souvent des mains.

Le capitaine, à moitié endormi, laisse tomber son casque ; Théodore va le ramasser en sautant à pieds joints ; on rit.

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