ACTE DEUXIEME JCj
rimes, publiés par Y Abeille orlcanaise, lui ont tourné la tête. Perdu par des rébus ! Chevillard est à Paris maintenant ; il est célèbre, il a des maîtresses, il fait courir peut-être ? Hein ! mon bonhomme, en as-tu cherché des éditeurs pour tes poésies, et plus tard des capitalistes pour tes publications économiques î Les banquiers hésitaient. Tu rencontras Agathe, qui n'hésita pas, elle. Agathe t'aima, tu aimas Agathe, tu te brouillas avec ton père. Agathe cessa de t'aimer, mais toi tu restas brouillé avec ton père. Un jour, jour d'orgueil et de courage, tu résolus de te tirer d'affaire. Tu n'avais plus cent mille carrières devant toi, tu n'en avais que deux: homme politique ou photographe ; tu devins photographe. Tu opéras lui-même. Jette un voile sur cette tentative commerciale. C'est alors que Chevillard se retira de la lutte. Il se laissa vivre, moyennant cent francs par mois, dernier lien qui existe encore entre son père et lui. Son existence ne fut plus qu'une longue conversation sur les affaires publiques, conversation irritante, acharnée, coupée d'absinthe et de parties de bésigue, rafraîchie par les sourires d'Agathe, qui revient encore de temps en temps, aux époques du terme. Deux heures de chemin de fer, dix départs par jour î (Allant à la porte du fond.) Je ne m'amuse pas ici. On ne va pas savoir ce que je suis devenu au café, je ne m'absente jamais si longtemps. Ah ! voilà Mlle Bertrand qui tourne la rue et qui va opérer sa rentrée dans la loge maternelle !
Il sort par la gauche.
So l'enfant prodigue \