‹ Théâtre completChapitre 50 sur 235 · SCÈNE [H CLARISSE · texte numérisé non relu

SCÈNE [H CLARISSE

CLARISSE, paraissant au fond, un buvard à la main.

Cordon, s'il vous plaît! Personne! On ne se met pas aux fenêtres plus que ça pour me voir arriver !

Elle va à une table et dépose le buvard. CHEV1LLARD, reparaissant au fond.

Amanda !

Il s'échappe.

CLARISSE

Ah ! que c'est bête ! (Allant au fond.) C'est cet imbécile de Chevillard ! Est-il imprudent de m'appeler Amanda, ici, chez ma mère ! (Elle va à la table, ouvre le buvard et écrit.) « Mon joli bébé, je viens de rentrer dans ma famille, il me serait impossible d'y rester une minute de plus. Va ce soir au Cirque, je t'y retrouverai. » Quelle sotte je suis ! Je pense encore à ce -que m'a dit cette somnambule. Oui, je vais consulter les somnambules, mais je n'y crois plus. Depuis qu'on m'a prédit que je gagnerais ma fortune en jouant sur la rouge, la noire est toujours sortie. Elle m'a fait une histoire impossible, cette bonne femme, mais qui n'était pas mal inventée. Un prince, jeune comme l'aurore, beau comme l'amour, quitte en ce moment la cité du Soleil pour venir vers toi ; il te rencontrera

dans une Caverne obscure, (elle regarde autour d'elle) où

le malheur des temps t'a contrainte à chercher un abri. Il t'aime avant de te connaître, et cœtera, et

-Cœtera. (Théodore paraît au fond.) Un prince !

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