‹ Théâtre completChapitre 5 sur 235 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MVRRHA

Elle avance lentement, les mains enchaînées. Des sacrificateurs l'accompagnent.

Dieu de sang, dont je vois l'image, Je vais être immolée à ton culte sauvage, Tes prêtres détestés disposent de mon sort ; Mais déjà je sentais le poids de l'esclavage, La mort me rendra libre et je vais à la mort !

Athènes, lieu charmant, Où se leva mon aurore,

C'est toi que je nomme encore A mon dernier moment !

O terre aimée,

Où je suis née, De mes premiers ans Séjours ravissants,

Que j'ai connus,

Que j'ai perdus !

Quel mal j'éprouve !

Je vous retrouve

Devant mes yeux, Adieu !

Sur cette terre,

Toujours chère,

Les vents légers et frais

Ne me porteront plus jamais.

Ce dieu d'épouvante et de haine Déjà suspend sur moi le fer ; Je ne reverrai plus le soleil rose et clair, Allumant au matin les collines d'Athène !

O poésie

De la patrie, Que vous êtes loin, Je sens mon cœur plein

De souvenirs

Et de soupirs !

Belles montagnes,

Belles campagnes,

Toits des aïeux, Adieu !

Page 1