ACTE PREMIER
Sur cette terre Toujours chère, Les vents légers et frais Ne me porteront plus jamais !
Adieu, mon beau pays ! Si je verse des larmes Sur des souvenirs enivrants, Ne crains pas de lâches alarmes, Et je saurai mourir comme un de tes enfants. Et pourtant la vie était si belle !
Mon matin promettait un beau soir.
Mais tout à coup c'est la mort qui m'appelle, Adieu patrie, amour, orgueil, espoir!
O mort, ferme tes sombres bras !
Pourquoi, redoutable déesse, Du seuil de la jeunesse, M'entraîner sur tes pas ?
Mais montrons du courage, Quand la mort brise les fers De l'esclavage, Mourons avec courage !
Mort, je t'aime ; Sans douleur extrême, Je vois même Ce que je perds.
Oui, viens, ô mort, briser mes fers !
Marche funèbre. — Les prêtres sortent lentement du temple de Baal et viennent entourer la victime. Entrée du grand prêtre et de Salémène.