‹ Théâtre completChapitre 52 sur 235 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

CLARISSE

Quand on se trouve avec des gens du Midi, on leur dit : Troun de l'air ! C'est une politesse.

THÉODORE

Vous êtes bien aimable, mademoiselle. Moi, je ne sais pas encore être aimable... Autrement...

CLARISSE Autrement ?

THÉODORE

Promettez-moi de ne pas vous fâcher.

CLARISSE

Je vous le promets. Est-il drôle !

Je vous trouve bien belle !

CLARISSE

Bah !... Et si on vous entendait me dire ça ?

THÉODORE

Qui?

CLARISSE

Vous avez bien une connaissance à Paris?

THÉODORE

Non, mademoiselle, je ne suis arrivé que de ce matin.

CLARISSE

Vous en aviez une dans le pays où vous étiez ?... Répondez donc.

84 l'enfant prodigue

THÉODORE

Je ne sais pas si je dois dire oui ou non.

CLARISSE Dites la vérité.

THÉODORE

Je n'en ai jamais eu.

CLARISSE Il a rougi... Alors vous êtes une petite demoiselle ?

Et vous ?

Mais, monsieur, on ne demande pas ça aux femmes. Pourquoi êtes-vous venu à Paris ?

THÉODORE Pour le voir.

CLARISSE

Vous avez des parents ici ?

THÉODORE

Non, seulement de vieux amis de ma famille... Des ganaches.

CLARISSE

Comment ! comment ! des ganaches !

THÉODORE

Vous comprenez, mademoiselle, moi, je suis jeune, je veux faire ce que fait la jeunesse. J'ai lu des poésies, je veux imiter ce qu'il y a dedans. Je ne veux pas dépenser mon argent à voir des féeries et à acheter des cannes.

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