‹ Théâtre completChapitre 53 sur 235 · A€TE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

A€TE DEUXIÈME

CLARISSE

C'est-à-dire que vous ne demandez qu'à vous perdre.

THÉODORE

Oui, je voudrais bien me perdre un peu ; j'aimerais qu'on dise que je suis un mauvais sujet ; mais je ne saurai jamais.

Vous apprendrez cela plus facilement qu'autre

chose.

THÉODORE

Si vous vouliez...

CLARISSE Quoi donc ?

THÉODORE

Me donner quelques petits conseils.

CLARISSE

Mais je ne sais pas, moi, monsieur.

THÉODORE

J'aurais tant de plaisir à me montrer avec vous dans les endroits où il va beaucoup de monde. Vous me donneriez le bras et je vous conduirais au café.

CLARISSE

Au café ! Voir jouer aux dominos ?

THÉODORE

Oh ! non, les dominos... ça manque de femmes.

86 l'enfant prodigue

CLARISSE

Qu'est-ce que c'est que cette expression ?

THÉODORE

C'est un mot que j'ai entendu dire. Mademoiselle, voulez-vous me donner un rendez-vous ?

CLARISSE Mais non, monsieur, vous me faites trop peur.

THÉODORE Je vous aimerai bien.

CLARISSE

Si vous me promettiez d'être sage !

THÉODORE Je serai très sage.

CLARISSE

Décidément non. Ce ne serait pas raisonnable.

THÉODORE

Ah ! mademoiselle, ne faites pas mon malheur.

CLARISSE, le regardant.

« Jeune comme l'aurore, » cela est juste ; « beau comme l'amour, » il y a bien quelque chose à redire. Monsieur, répondez à une sotte question que je vais vous faire : êtes-vous prince ?

THEODORE Prince ! Non, mademoiselle.

Il va pour sortir.

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