‹ Théâtre completChapitre 56 sur 235 · SCÈNE VI Les mêmes, CLARISSE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI Les mêmes, CLARISSE

CLARISSE Me voilà, maman.

MADAME BERTRAND

Clarisse, regarde la pendule. Un jour comme celuici, il n'y a pas de bon sens à m'arriver en retard. Je passe encore là-dessus. Salue Eloi, il a quelque chose à te dire.

ÉLOI

Bonjour, Clarisse. Embrasse ton parrain, mon enfant, il ne s'en plaindra pas... Je ne reviendrai pas sur le passé. Tu as perdu ton honneur, et tout ce que je te dirais, n'est-ce pas ? ça et rien, ce serait exactement la même chose. Marche toujours la tête haute, fillette ; j'en ai connu, et de plus huppées que toi, qui vivaient comme des pas grand 'chose et on ne l'aurait jamais cru à les entendre parler à leur concierge. Sois sage, si ça t'amuse, mon enfant ; amuse-toi, si tu ne peux pas être sage ; tu chanteras plus tôt que tu ne crois :

ça L'ENFANT PRODIGUE

Il n'est qu'un temps pour la folie, Les amours n'ont qu'une saison.

CLARISSE Vous êtes toujours gaillard, monsieur Eloi.

ÉLOI Toujours, mon enfant.

Les amours n'ont qu'une saison.

(Allant à Mme Bertrand). C'est fait.

MADAME BERTRAND

Quoi?

ÉLOI La petite morale.

MADAME BERTRAND

Déjà?

ÉLOI

Oui.

MADAME BERTRAND

Ça n'a pas été long.

ÉLOI

Je n'ai pas été embarrassé.

MADAME BERTRAND

Et qu'a-t-elle répondu ?

ÉLOI « Vous êtes toujours gaillard, monsieur Eloi. »

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