ACTE DEUXIÈME QJ
ELOI
Ote ta ceinture, mon enfant, j'ôte ma cravate.
CHEVILLARD
Les cérémonies étant exclues de ce repas, je prendrai la liberté de fumer en mangeant.
VINCENT
Ah I je vous reconnais bien là, l'artiste ; mon fils aussi a c't' habitude.
MADAME BERTRAND
Et vous, monsieur Rosier, vous ne voulez pas vous mettre à votre aise ? Débarrassez-vous de votre redingote.
ROSIER
Non, madame Bertrand, non, il me semble que nous devrions donner à M"0 Clarisse l'exemple de la tenue et des belles manières ; nous ne sommes pas ici à la Maison d'Or.
CLARISSE
Oh ! un gêneur, il n'en faut pas.
ÉLOI
Buvons, mes enfants, et ne nous chamaillons pas !" Je veux jusqu'à mon dernier jour Fêter et le vin et l'amour !
N'est-ce pas, maman Bertrand ?
MADAME BERTRAND
Oui, Eloi, mais ne me parlez pas dans le cou, ça me chatouille.
VINCENT, à Chevillard.
J'attendais que M. Éloi eût fini de chanter pour demandera M. Rosier son opinion sur Rocambole.
ROSIER
Rocambole m'a amusé, je ne m'en défends pas; je serais bien en peine aujourd'hui de dire ce que j'ai lu, ces choses-là m'entrent par une oreille et me sortent par l'autre, mais c'est bien écrit.
CLARISSE
Si on laisse M. Rosier nous faire un cours de littérature, dans un instant M. Chevillard nous fera un -cours de politique.
CHEVILLARD
Mais un bouquin sur la politique, si je le faisais, serait peut-être aussi amusant que les Mémoires de -Mlle M imi- Bamboche.
CLARISSE
Eh bien ! pourquoi ne le faites-vous pas, votre bouquin sur la politique ?
ROSIER
Je vois bien que Mlle Clarisse aimerait mieux causer toilette avec ses jeunes compagnes plutôt que d'entendre des hommes de notre âge raisonner leurs convictions.
CLARISSE
Oh! je les connais, les convictions de Chevillard ; il -déteste les petits crevés.