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ACTE TROISIEME I

CHEV1LLARD

Tu ne le reconnaîtras pas, le petit Bernardin ; il est dégrossi, déniaisé.

DELAUNAY, riant.

Oui, oui, j'ai appris cela.

CHEVILLARD

Ah ! tu as appris ?

DELAUNAY, riant plus tort.

Je suis beaucoup plus au courant que tu ne crois.

CHEVILLARD

Et tu ne nous en veux pas ?

DELAUNAY

Pourquoi vous en voudrais-je ? De ce que c'est toi sans doute qui lui as indiqué mon ancien logement ; autant lui qu'un autre. Chevillard, comment a-t-elle reçu son portrait ?

CHEVILLARD, à part.

Il ne sait rien du tout. (Haut.) Ah ! Il est encore un peu bête avec les femmes, le jeune Bernardin, mais toi aussi, moi aussi, nous sommes tous un peu bêtes avec les femmes.

DELAUNAY, sérieusement.

Oh ! mon ami, que ce que tu dis là est vrai ! Nous n'avons pas besoin de nous gêner ensemble. Tu sais, toi, tout ce que j'ai enduré d'Amanda !

IoS L'ENFANT PRODIGUE

CHEVILLARD, avec tristesse.

Tu sais aussi, toi, tout ce qu'Agathe m'a fait souffrir!

DELAUNAY, mime jeu.

Tu as vu, toi, tous les tours qu'elle m'a joués !

CHEVILLARD, plus triste encore.

Tu as vu, toi, toutes les farces qu'elle m'a faites! DELAUNAY, même jeu.

Elle est cause que j'ai épousé une femme maigre, et je n'aime que les femmes grasses.

CHEVILLARD, pleurant.

Sans elle, je serais devenu quelque chose ; je parlerais à l'Europe !

DELAUNAY, même jeu.

Mon pauvre Chevillard !

CHEVILLARD

Mon cher Delaunay, je suis heureux de te revoir ; dire du mal d'Agathe, c'est encore du bonheur.

DELAUNAY

Tu l'aimes donc toujours ?

CHEVILLARD Plus que jamais.

DELAUNAY

Eh bien ! je puis t'avouer que, si je suis venu à Paris, c'est pour Amanda.

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