ACTE TROISIEME I I
THEODORE
Bonjour. Vous voilà donc à Paris.
DELAUNAY
Comme vous voyez. Mais d'abord je suis à Paris pour Chevillard et pour vous seulement. Je fais appel à votre discrétion.
A qui voulez vous que je le dise ?
DELAUNAY
A qui ? Je ne sais pas, vous pourriez l'écrire à votre père.
THÉODORE
Soyez tranquille. Il est bien en colère, le père Bernardin ?
DELAUNAY
Je croyais que c'était avec son consentement que vous restiez encore à Paris.
THÉODORE
Son consentement ! Mon père m'écrit régulièrement tous les huit jours ces simples lignes : « Monsieur mon fils, je vous enjoins de réintégrer le domicile paternel dans les vingt-quatre heures. Votre père qui vous pardonne. »
DELAUNAY
Et quelle raison lui donnez-vous pour ne pas revenir ?
IlS L'ENFANT PRODIGUE
THÉODORE
Aucune. Je lui réponds qu'il n'est pas dans le mouvement.
CHEVILLARD, à Delaunay.
Jolie réponse ? C'est mon élève !
DELAUNAY
Et on ne soupçonne pas votre liaison à Montéli-
mart ?
THÉODORE
Ça m'est bien égal.
DELAUNAY
Il est très fort... Pour vous, passe encore, mais pour
elle?
THÉODORE
Elle ! Elle est bien au-dessus de l'opinion des habitants de Montélimart.
DELAUNAY
Ils sont aussi forts l'un que l'autre ! Voyons, Bernardin, je suis discret, ma profession m'y oblige ; c'est la femme de mon prédécesseur ?
THÉODORE Je ne vous comprends pas.
CHEVILLARD Nous ne te comprenons pas.
DELAUNAY
Elle est partie devant vous et vous êtes allé la rejoindre.