ACTE TROISIEME
THEODORE, solennel.
J'ai beaucoup regretté, madame, de ne pas m'être trouvé chez moi il v a un instant, cela vous aurait ■évité l'ennui de revenir.
CLARISSE, a part.
Oh ! oh ! A-t-il bavardé avec Delaunay ou bien sait-il autre chose ? (Haut.) En effet, si j'avais pu prévoir la réception qui m'attendait, je ne serais sans doute pas ici. Mais j'aurais été désolée de partir sans vous faire mes adieux.
THÉODORE, ému.
Vous partez ?
CLARISSE, indifférente.
Oui, je pars.
THÉODORE Clarisse ?
CLARISSE Quoi, mon ami "J
THÉODORE
Non ! rien ! partez ! adieu !
CLARISSE, arrivée à la porte.
Vous ne me donnez pas la main?
THÉODORE, sans se retourner.
La voici !
CLARISSE, revenant.
C'est donc tout ce qui me reste de votre grand amour pour moi ! Comme je regrette d'y avoir cru et de l'avoir partagé. Agathe me disait bien que j'avais
tort de vous aimer, car je vous ai bien aimé, mort Théodore. J'ai supporté tout de vous, vos soupçons ridicules, vos jalousies injurieuses, et m'avez-vous
une seule fois surprise en faute ? (Théodore reste impassible.) Sais-je seulement si vous m'avez été fidèle?
THÉODORE, solennel.
A qui parlez-vous, Amanda ?
CLARISSE Ah ! ah ! ah !
Elle défaille.
THÉODORE, la soutenant.
Clarisse !
CLARISSE, même jeu.
Non, monsieur, continuez à m'appeler Amanda.
THÉODORE
Mon amie, ma bien-aimée !
CLARISSE, s'appnyant sur lui avec tendresse.
Ah ! Théodore, tu pouvais me tuer avec un coup pareil.
THÉODORE, après s'être dégagé peu à peu.
Vous comprenez qu'une séparation entre nous est nécessaire.
CLARISSE
Oui, mon ami, je le comprends. Théodore, tu es un homme, tu peux supporter ces scènes-là ; moi, je n'y suis pas accoutumée. Adieu !
THÉODORE, la retenant.
Clarisse, tu vois ce que je souffre ?