ACTE TROISIÈME
CLARISSE, à part.
C'est Agathe qui m'a fait mettre un T, je voulais mettre un Z.
THÉODORE, avec exaltation.
Clarisse, tu rougis d'être exposée à recevoir des lettres semblables ?
CLARISSE
Mon ami, ce n'est pas ma faute si on me trouve jolie.
THÉODORE
Tu as honte de cette existence irrégulière et sans lendemain.
CLARISSE
Elle m'inquiète quelquefois.
Quand tu jettes les veux sur ton passé, tu te méprises bien, n'est-ce pas?
CLARISSE
Où veux-tu en venir ?
THÉODORE
N'aurais-tu pas une reconnaissance éternelle pour l'homme qui te réhabiliterait ? Clarisse ! Clarisse ! veux-tu que je te réhabilite ?
CLARISSE, se jetant dans ses bras.
Ah!
THÉODORE A dater de ce jour, vous êtes ma femme ; les pré-
jugés de famille, je m'en moque ; les convenances, sociales, je les foule aux pieds... Nous quitterons Paris.
CLARISSE, après une grimace.
C'est bien nécessaire de quitter Paris ?
THÉODORE
Oui, c'est nécessaire, nous irons vivre en province.
CLARISSE, même jeu.
On ne s'amuse pas bien en province.
THÉODORE
Clarisse, tu ne veux donc pas que je te réhabilite?
Si, mon Théodore, si, tout ce que tu voudras, tout. (Après une pause.) Laisse-moi aller passer quelques jours dans ma famille !
THÉODORE Encore !
CLARISSE
Oui, laisse-moi aller me remettre de toutes ces émotions, car, avec toi, Théodore, quand ce n'est pas une émotion, c'en est une autre, (ils rient.) Et puis j'ai une si bonne nouvelle à annoncer.
THÉODORE
A annoncer, à qui ? Ta mère habite Paris.
CLARISSE
Ma mère, oui, mais il y a une autre personne et j'aurai peut-être besoin de son consentement.