ACTE QUATR1EM
chose... ce que tu veux dire... Tu veux la sanction terrible de cet aveu, devant ces deux êtres-là I (Silence.) Eh bien, tu l'auras cette sanction I... Oui, Dianette, sans hésiter, devant eux, en toute franchise, j'affirme de toute la force de mon âme que c'est toi qui es la plus aimée. J'ai fondu ta vie dans la mienne, et devant eux, comme devant la mort même, je dirai plus encore : « Je te garde, et de mon propre consentement, jamais je ne t'abandonnerai I... »
Il dit cela farouchement, énergiquement, comme sHl fonçait sur Vohstacle dressé devant lui. Après il demeure un instant écrasé de ses propres paroles. Pendant qu'il parlait on a vu le visage des deux femmes exprimer^ en même temps^ les sentiments opposés. Celui de Diane, qui s'est découvert^ est devenu à mesure radieux et comme illuminé de bon' heur. Celui de Fanny s'est contracté de la plus c/froyahle douleur , elle pousse un soupir de détresse plus fort que sa volonté et son corps s*est soulevé de la chaise. Elle retombe,
DIANE
Et tu as pu dire ça I... tu as pu dire cela, devant ta femme, devant celle qui suppliait pour ta vie il n'y a qu'un moment ! Faut-il que tu m'aimes ! Après une parole comme celle-là, ah I il ne me reste plus rien à entendre... (Il y a maintenant une sorte de grande sérénité répandue sur elle.) Madame, ne baissez pas la tête, j'ai été cruelle, atroce, mais je vais vous le rendre... C'était pour vous le rendre !... (Elle pousse tout à coup un cri.) Regardez... regardez... à cette porte... Regardez, mais regardez donc... dans la chambre.
Fanny, Gaston et Armaury se retournent instinctivement et s'avancent vers la porte de la chambre restée ouverte que désigne Diane du doigt, Diane a un mouvement de retraite habile»
GASTON, regardant la chambre.
Qu'y a-t-il ? Qu'est-ce qu'elle voit ? Elle est folle ...
DIANE
Pas si folle que ça, Gaston !... Je vais être très sage...
Elle s^est approchée de la table où Gaston a posé le revolver. Elle le saisit brusquement en le dissimulant, puis se tourne de dos à eux. On entend la détonation. Ils se précipitent. Déjà Diane s^est affalée sur le parquet.
ARMAURY
Diane ! Diane ! Qu'as-tu fait ? Mais c'est impossible !... mon enfant, mon enfant chéri... Où t'es-tu blessée... où ?... mais réponds... réponds... Mon Dieu î Son corsage est rempli de sang 1... Au secours !...
Il s'est rué sur elle qui étouffe. Le corps a des soubre» sauts.
GASTON
Diane... ma chérie...
ARMAURY
Assassin ... Allez-vous-en, assassin... ou je vous tue !... Appelez donc au secours, au moins, gredin... Fanny, appelle, pour Dieu !... Un médecin... vite !... (Fanny ouvre la porte, éperdue, et appelle. Gaston se précipite au dehors.) Sonne I... (Fanny sonne. Il porte Diane sur une chaise longue.) Diane, mon amour, ma tendresse... (A Fanny.) Aidemoi... oui, le corsage... Arrache... non, tu lui fais mal... laisse, laisse... Ah I mais elle ne va pas passer dans mes mains I... Elle a de l'écume rouge, tu vois, à la bouche... C'est affreux, c'est affreux !... Elle ne bouge pas... Mais je ne veux