‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 104 sur 114 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Le passélc^est un second cœur qui bat en nous...

On Ventend, dans nos chairs, rythmer^ à petits coups^

Sa cadence^ pareille à Vautre cœur, — plus loin.

Uespace est imprécis où ce cœur a sa place^

Mais on Ventend, comme un grand écho, néanmoins^

Alimenter le fond de Vêtre et sa surface.

Il bat. Quand le silence en nous se fait plus fort

Cette pulsation mystérieuse est là

Qui continue... et quand on rêve il bat encor^

Et quand on souffre^ il bat, et quand on aime, il bat...

Toujours ! C^est un prolongement de notre çie...

Mais si vous recherchez, pour y porter la main^

Où peut être la source heureuse et Veurythmie

De son effluve... Rien /... Vous ne trouverez rien

Sous les doigts... Il échappe. Illusion /... Personne

Ne Va trouvé jamais... Il faut nous contenter

D'en sentir, à coups sourds, Vélan précipité,

Dans les soirs trop humains où ce grand cœur résonne.

Le passé / Quel mot vain ! C'est du présent — très flou.

C'est du présent de second plan, et voilà tout.

Il n'est pas vrai que rien jamais soit effacé.

Le passé n'est jamais tout à fait le passé.

N'avez-vous pas senti comme il rôde partout^

Et tangible ? Il est là lucide, clairvoyant.

Non pas derrière nous, comme on croit, mais devant.

L'ombre de ce qui fut devant nous se projette

Sur le chemin qui va, sur l'acte qui s'éveille.

Ce qui est mort est encor là qui nous précède^ —

Comme le soir on voit, au coucher du soleil^

Les formes qu'on avait peu à peu dépassées Envoyer leur grande ombre au loin, sur les allées, Sur tout cotre avenir, plaines, taillis, campagnes ! Et s'en aller toucher de Vaile les montagnes...

Ainsi, tout ce qui fut, jeunesse, enfance, amour. Tout danse devant moi sa danse heureuse ou triste. Rien derrière /... Le groupe est là qui vole et court. Mais j'ai beau me hâter, la distance persiste Entre nous deux... Tel je m'en vais, épris du bleu Lointain, et quelquefois si je titube un peu Ce n'est pas que le sol sous mes pas se dérobe. C'est que, parmi le soir, les yeux pleins de passé, O toi qui va^ devant. Souvenir cadencé, •J'ai marché sur la traîne immense de ta robe /

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