ACTE PREMIER
pensable, nos relations, à toutes deux, ont précédéles siennes.
LA DUCHESSE
Ne vous excusez pas, vous avez péché, commet nous, par inadvertance... pas plus que nous !...
MADAME ARMAURY, se levant.
J'ai les jambes peu solides.
LA DUCHESSE
Je compatis profondément, chère Madame....
MADAME ARMAURY
Bah ! moi, ce n'est pas la même chose que vous ï Il y a deux catastrophes... la mxienne est moins, grave... Oh !... d'ailleurs, je ne suis pas embarrassée de ma personne... je ne suis pas une pleurarde, moi. Seulement, tout de même, on a beau, être solide...
LA DUCHESSE
Voulez-vous que je vous fasse chercher une voiture ?
MADAME ARMAURY
C'est inutile... j'ai la mienne en bas...
LE DUC, comme sHl craignait d"* avoir oublié V essentiels
Et surtout, qu'il n'aille pas se mettre en tête^ qu'il me doit une réparation... ni même une explication. Sa disparition et son silence ne seront pas. une dernière lâcheté. Si je vous dis cela, c'est qu'on ne sait pas où va se nicher l'amour-propre de certains hommes ! En ce qui concerne la rupture de nos relations, si l'on s'en inquiète, nous trouverons des motifs d'offenses plausibles... et, quant à mon fils, Gaston, comme je le connais, et qu'il serait capable, celui-là, d'aller lui cracher auvisage., nous ne lui dévoilerons rien. (Il s'arrête.) Allez.
Madame. Soyez sûre que nous vous plaignons de vivre à côté... (Les mots de haine jaillissent comme malgré lui de sa bouche.) d'un pareil forban, de ce gibier de correctionnelle !
MADAME AMAURY, avec un haut-le-corps instinctif.
Laissez-moi me retirer, Monsieur. Quelle que soit sa faute, quoi qu'il ait fait, je ne puis oublier que c'est mon mari, et que je porte son nom... Permettez-moi de m'en aller... (Elle salue avec dignité. La duchesse V accompagne à la porte.) Oh ! Madame, pour la dernière fois que je franchis votre salon, je vous en prie, ne m'accompagnez pas. Le geste serait de trop.
LA DUCHESSE
Mais si, comme d'habitude... C'est au moins nécessaire pour nos gens... pour la domesticité...
MADAME ARMAURY
Dans ce cas !... (Elle se retourne.) Adieu, Monsieur.
Aussitôt qu^elles sont sorties, le duc se précipite à la porte de gauche par où est sortie Diane.
LE DUC, dans le couloir, appelant d^une voix courroucée,
Diane ! Diane !... Où es-tu ? Arrive ici, arrive ! Ah ! tu étais là!... Tu n'étais pas dans ta chambre,., tu écoutais aux portes, n'est-ce pas ? Je t'y prends !... (Il pousse violemment Diane devant lui.) Gomment t'es-tu permis d'entrer ici, tout à l'heure, quand je t'avais donné l'ordre de monter chez toi ?
DIANE
Mais, papa, c'était pour l'aquarelle.
LE DUC
Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai !... Tu ve-