SCENE PREMIERE LE SECRÉTAIRE, puis L'ABBÉ ROUX
LE SECRÉTAIRE, au valet qui lui présente la carte et qui lui demande s^il faut recevoir.
Faites entrer... (Quelques secondes. Vahbé Roux est introduit.) Bonjour, Monsieur l'abbé, vous ne me remettez pas ? Je suis le secrétaire de Monsieur de Charance.
l'abbé
Ah ! très bien... en eiîet.
LE SECRÉTAIRE
Vous désirez parler à Monsieur le duc ? (Au domestique.) Voulez-vous prévenir que Monsieur l'abbé Roux est là.
l'abbé
J'arrive à l'improviste, très inquiet. J'ai reçu tout à l'heure un télégramme de Monsieur de Charance me disant de passer immédiatement chez lui ; une pareille célérité n'est pas dans ses habitudes... Je redoute quelque malheur.
LE SECRÉTAIRE
Mais nullement, Monsieur l'abbé. Je ne crois pas qu'il y ait la moindre anicroche ; j'ai vu tout à l'heure Monsieur le duc, il m'a donné mon travail habituel et je vais lui remettre le courrier de l'après-midi.
l'abbé
La santé de Madame la duchesse ?
LE SECRÉTAIRE
Elle est, je crois, excellente, comme toujours.
l'abbé
Me voilà à moitié rassuré. Vous savez peut-être quelle part je prends à tout ce qui arrive dans cette famille ?
LE SECRÉTAIRE
Je sais du moins. Monsieur l'abbé, que vous avez été le précepteur de Monsieur Gaston.
l'abbé
Autrefois. Maintenant, mes qualités de camérier de Sa Sainteté et d'aumônier m'ont écarté de mon ancienne existence ; je prêche justement en ce moment une retraite en l'église de Reuilly... j'ai tout quitté au reçu de ce télégramme.
LE SECRÉTAIRE
Voici monsieur le duc. Je vous laisse
Le duc de Charance entre.
LE DUC
Oui, laissez-nous. D'ailleurs vous êtes libre, Guérard... A demain deux heures. (Montrant la table.) Je regarderai tout ça. Dites que personne n'entre dans la galerie.
Le secrétaire s^en va.