‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 46 sur 114 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

ARMAURY

Qu'est-ce que tu as à me dire ?...

FANNY

Marcel, tu as vu aujourd'hui la petite de Charance.

ARMAURY

Ce n'est pas vrai.

Pourquoi mens-tu ? Je sais que tu l'as vue.

Silence.

ARMAURY

Eb bien, admettons. Il se peut qu'avant de partir pour le couvent cette enfant ait éprouvé le besoia de me dire un adieu définitif. Suppose qu'elle soit venue avec une femme de chambre...

FANNY

Il y a longtemps qu'elle est repartie ?

ARMAURY

Quelques instants.

FANNY, montrant la porte.

Tu mens. Elle est là.

ARMAURY

Jamais de la vie.

FANNY

Marcel, elle est là.

ARMAURY

Si tu épies... tu dois être aussi bien renseignée que moi.

FANNY

Je n'ai pas à épier. Tu vas conpremdre pour-

quoi je suis ici. Tu m'avais juré que tout était fini, que tu ne la re verrais plus. Je te croyais. Ce matin, j'ai reçu une lettre anonyme... Vous devez être vendus, vous devez être trahis, sans doute... Une écriture de domestique. (Elle tire la lettre de sa poche.) « Madame, si VOUS voulez voir « partir votre mari pour l'étranger avec une de- « moiselle, trouvez- vous aujourd'hui, sur les « quatre heures, à son bureau. »

ARM AU R Y, éclatant de rire.

C'est idiot.

FANNY

Marcel, tu allais partir.

ARMAURY, haussant les épaules.

Je ne répondrai même pas. Nous sommes dans l'absurde.

Elle ça à la porte du couloir, Vouvre, et désigne du doigt.

FANNY

Alors qu'est-ce que ces deux valises dans le couloir ? Je ne les reconnais pas.

ARMAURY

Il n'y a aucune raison pour que tu les connaisses. Ce sont des valises qui lui appartiennent. Elle va les reprendre... si tu me laisses deux minutes pour que je la fasse sortir d'ici, sans esclandre, sans même qu'elle soupçonne ta présence. Je crois que c'est ce qu'il y a de mieux, de plus correct. Il se prépare à ouvrir la porte du couloir.

FANNY

Pas si bête, mon petit ! (Il se retourne.) Je l'ai enfermée. Voici la clef.

Elle montre la clef qu'elle dissimulait dans une main»

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