‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 51 sur 114 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

FANNY

Il est là, oui, à côté... en train de terminer une affaire a'vec un avoué. Mais il sera à vous dans quelques instants, si vous le désirez... D'ailleurs... (Elle cesse son tapotage, va à la porte de droite et Venir ouvre.) Tu es encore occupé avec Monsieur Rivet, mon ami ?... Non, non, rien.. Tout à l'heure... Une visite...

Elle referme la porte, GASTON

Je ne veux pas le déranger.

FANNY, classant les papiers sur la table.

Gomment va Madame de Charance ? Et votre père ?

GASTON

Très bien, je Vous remercie.

Je suis horriblement en retard avec eux. Nous avons été si occupés, ces temps-ci...

GASTON

Je ne savais pas que vous aidiez votre mari dans ses affaires ?

FANNY

Oh ! c'est-à-dire... figurez- vous,., je me suis amusée jadis à apprendre la sténographie et, quelquefois, je prends des bribes de plaidoiries. Nous classons tout cela ensemble. (Un silence.) Votre sœur va bien ?

GASTON

Merci... Mais je sens que je vous importune...

FANNY

Pas le moins du monde, je vous assure... Je

vous le dirais très franchement... Et puis, voilà... j'ai fini. (Elle quitte la table et s^approche,) Il va bientôt falloir, du reste, que nous nous en allions tous... Nous avons organisé un thé... au Ritz... Il est indispensable que nous y soyons à cinq heures !... Ah et puis, nous serons encore obligés de dîner en toute hâte, ce qui est insupportable... J'ai horreur de ça... parce que nous allons à la répétition générale de l'Opéra...

GASTON

Ah ! tiens, je ne me rappelais plus... c'est ce soir... J'ai, moi-même, un vague strapontin.

FANNY

Eh bien, nous nous retrouverons tout à l'heure encore.

GASTON

Vraiment, vous allez au Ritz ?

FANNY

Pourquoi ? Il ne faudrait pas ? C'est mal ?...

GASTON

Vous avez passé la journée avec Monsieur Armaury ?

FANNY

Pourquoi tout cet étonnement ? Puisque je vous le dis ?

GASTON, après une dernière hésitation^ prenant brusquement son parti.

Ecoutez, c'est stupide... c'est idiot, mais avec vous, je puis user de franchise... Je suis la victime d'une plaisanterie de la dernière catégorie. Je n'éprouve aucune gêne à vous mettre au courant et vous en rirez comme il faut en rire.

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