‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 55 sur 114 · ACTE DEUXIEME loi · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME loi

GASTON

Ah I je reconnais la trompe de votre auto.

FANNY, rapide.

Oui, elle vient nous prendre. Elle est même un peu en avance, mais nous devons... dépêche-toi, Marcel... nous devons être au Ritz dans une demi-heure...

ARM AU R Y, sans comprendre.

Au Ritz ?

FANNY, lui faisant des signes de visage. £ Mais oui... tu sais bien... le thé...

i ARMAURY

I Ah ! oui... oui... c'est vrai...

is.-

FANNY, ayant peur que l invraisemblance du costuma d^Armaury ne soit remarquée par Gaston.

Tu viens en veston, n'est-ce pas ?

» ARMAURY

Bah ! avec un pardessus.

FANNY

Naturellement.

GASTON

Je m'en vais... je ne veux pas vous déranger plus longtemps.

^ FANNY, de plus en plus pressante.

B^ Mais non, mais non, restez !... Nous descendrons ^Hpus les trois ensemble.

^^K ARMAURY, ha^ à sa femme.

H^ Me comprendras-tu à la fin !... Je vais la mettre dans l'auto qui la reconduira chez elle... tu vois bien que c'est le moment... La clef !

Elle ne répond pas.

FANNY, à Gaston.

De quel côté allez-vous ?... Nous vous déposons.

GASTON

Oh ! ne prenez pas la peine de me remettre sur mon chemin... nous n'allons pas du tout du même côté, je rentre à la maison...

FANNY, prenant sur la table un papier. N'importe... nous vous déposerons. Avant permettez que je demande un renseignement à mon mari sur une phrase qui ne me parait pas très claire... une phrase qu'il m'a dictée...

GASTON

Faites... faites... je vous en prie...

FANNY, haut, s^éloignant de Gaston^ après avoir pris des feuillets sur le bureau.

Marcel, tu m'avais demandé de relever une citation... C'est un peu confus. Ici... (Fanny attire son mari en tenant la feuille à la main. Elle s^ assure du regard que Gaston est occupé à regarder discrètement un vérascope qui traînait sur la table. Et alors, grave^ tout en ayant Vair de parcourir le feuillet... J'Ecoute... écoute bien... voici la clef... Réfléchis à l'importance de ce que je fais en te la donnant... Je pourrais aller lui ouvrir moi-même... la laisser descendre... eh bien, non... Je fais ce que tu me demandes, je te

donne la clef... (Elle le regarde fixement.) Marcel,

réfléchis bien, tu es libre... C'est à toi d'agir selon ta conscience.

D'un geste simple, elle lui tend la clef.

ARMAURY, bas, sans sourciller.

Donne., .(Il prend la clef.) Empêche-le seulement d'aller à la fenêtre pendant quelques ins-

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