ACTE DEUXIEME loi
GASTON
Ah I je reconnais la trompe de votre auto.
FANNY, rapide.
Oui, elle vient nous prendre. Elle est même un peu en avance, mais nous devons... dépêche-toi, Marcel... nous devons être au Ritz dans une demi-heure...
ARM AU R Y, sans comprendre.
Au Ritz ?
FANNY, lui faisant des signes de visage. £ Mais oui... tu sais bien... le thé...
i ARMAURY
I Ah ! oui... oui... c'est vrai...
is.-
FANNY, ayant peur que l invraisemblance du costuma d^Armaury ne soit remarquée par Gaston.
Tu viens en veston, n'est-ce pas ?
» ARMAURY
Bah ! avec un pardessus.
FANNY
Naturellement.
GASTON
Je m'en vais... je ne veux pas vous déranger plus longtemps.
^ FANNY, de plus en plus pressante.
B^ Mais non, mais non, restez !... Nous descendrons ^Hpus les trois ensemble.
^^K ARMAURY, ha^ à sa femme.
H^ Me comprendras-tu à la fin !... Je vais la mettre dans l'auto qui la reconduira chez elle... tu vois bien que c'est le moment... La clef !
Elle ne répond pas.
FANNY, à Gaston.
De quel côté allez-vous ?... Nous vous déposons.
GASTON
Oh ! ne prenez pas la peine de me remettre sur mon chemin... nous n'allons pas du tout du même côté, je rentre à la maison...
FANNY, prenant sur la table un papier. N'importe... nous vous déposerons. Avant permettez que je demande un renseignement à mon mari sur une phrase qui ne me parait pas très claire... une phrase qu'il m'a dictée...
GASTON
Faites... faites... je vous en prie...
FANNY, haut, s^éloignant de Gaston^ après avoir pris des feuillets sur le bureau.
Marcel, tu m'avais demandé de relever une citation... C'est un peu confus. Ici... (Fanny attire son mari en tenant la feuille à la main. Elle s^ assure du regard que Gaston est occupé à regarder discrètement un vérascope qui traînait sur la table. Et alors, grave^ tout en ayant Vair de parcourir le feuillet... J'Ecoute... écoute bien... voici la clef... Réfléchis à l'importance de ce que je fais en te la donnant... Je pourrais aller lui ouvrir moi-même... la laisser descendre... eh bien, non... Je fais ce que tu me demandes, je te
donne la clef... (Elle le regarde fixement.) Marcel,
réfléchis bien, tu es libre... C'est à toi d'agir selon ta conscience.
D'un geste simple, elle lui tend la clef.
ARMAURY, bas, sans sourciller.
Donne., .(Il prend la clef.) Empêche-le seulement d'aller à la fenêtre pendant quelques ins-