ACTE TROISiai]ME i4i
à la fm I... Votre honneur, votre honneur! Sa faute ! Son crime ! Il n'est jamais question que de mon mari. Mais, votre sœur, à la fm, si on en parlait un peu... Il userait temps! Nous sommes tous là, afîalés, à pleurer, autour de sa virginité perdue, comme s'il s'agdssait d'un deuil national!... Si mineure qu'elle soit, on ne viole pas une femme sans son consentement...
DE CHARANCE
Madame, ce ton de votre part est inadmissible...
GASTON
Ma sœur était la plus respectable et la plus respectée des jeunes filles...
FANNY
Allons, allons, des choses qu'on dit !... Gela n'empêche pas que je l'ai vue, de mes. propres yeux vue, à Dinard, à Paris, frotter ses jupes après lui... C'était scandaleux.!...
DE CHARANCE
Madame, encore une fois, je ne tolérerai pas ce langage.
FANNY
Oh ! tolérez ou ne tolérez pas, je dirai ce que j'ai sur le cœur, à la fm ! J'éclate ! Rappelez-vous les jolies lettres de cette petite. Une innocente !... Elle est bien bonne ! Mais c'est elle qui courait après lui et qui sait si, dans toute cette histoire, ce n'est pas mon mari qui a été le naïf ? C'est d'elle'^que vient notre malheur à tous, et il faudrait encore peut-être que je divorce pour lui faire plaisir !... '
DE CHARANCE
Je ne vous ai rien demandé, Madame, vous détournez le sens de mes paroles, et, -en tout cas, je
i4-2 LA VIERGE FOLLE
ne vous permets pas de porter sur ma famille les jugements que...
FANNY
Votre famille !... Plût à Dieu que je ne l'eusse jamais rencontrée... Nous serions heureux, à cette heure !... Votre famille exécrée !...
DE CHARANCE
La colère vous emporte, vous ne savez plus ce que vous dites... Je pensais, Madame, que nous étions venus en amis tous les trois.
FANNY
Ça aussi ! Parlons-en de cette jolie amitié !... J'ai encore votre ton insultant dans l'oreille quand vous m'avez annoncé avec cette brutalité mon désastre, qui valait bien le vôtre... Jusque dans le voyage, vous m'avez humiliée, vous avez fait saigner mon cœur et mon orgueil. Et maintenant que mon bonheur est ruiné, vous voulez vous acharner dessus...
DE CHARANCE
Viens, Gaston, nous n'avons plus rien à faire
GASTON
Oui, père. Je sais ce qu'il me reste à faire...
FANNY
Eh bien, partez... Allez, toute la famille !... Allez donc !... Mais n'ayez pas le malheur, vous, mon garçon, entendez- vous, n'ayez pas le malheur de toucher à un seul de ses cheveux, ou c'est à moi que vous aurez affaire...
GASTON
Je ne dépends que de moi-même.