‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 80 sur 114 · ACTE TROISIEME i · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME i

FANNY

...aller jusqu'à cette abnégation. Ça deviendrait de la bêtise. Je n'ai pas ce sublimc-là dans mon cœur !... Douleur, résignation, soit ! Mais pas ce petit marché !

DE CHARANCE

Nous n'insistons pas... Je lançais d'ailleurs cette proposition comme une dernière bouée de sauvetage.., à tout hasard !

GASTON, insistant.

Cependant, père, il ne dépendrait que de nous...

FANNY, agacée.

Jamais ! jamais, vous entendez, et quand je dis quelque chose... je le tiens, jeune homme !

GASTON, 56 levant avec rage.

Alors, pas de réparation possible, pas de duel... rien... C'est bon ! Je sais ce qu'il me reste à faire...

FANNY

Hein ?

GASTON

Puisque ce lâche refuse jusqu'à mes témoins, jusqu'à nos entrevues, fuit comme un pleutre, se dérobe a\ec la dernière des bassesses, eh bien, moi, je te jure, père, que nous aurons la réparation voulue. Notre honneur sera vengé...

FANNY

Qu'est-ce que vous venez de dire, vous ? Répétez, répétez...

DE CHARANCE

Voyons, Gaston, du calme. Nous n'avons plus rien à faire ici. Viens marcher dehors, mets ton chapeau et allons-nous-en...

i4o LA VIERGE FOLLE

FANNY

Oh ! mais ne croyez pas que je vous laisserai partir comme ça ! Vous venez de laisser échapper une parole imprudente... vous allez m'en donner Texplication.

DE CHAR AN CE, ironique.

Vous le défendez, maintenant, avec une ardeur!...

GASTON

Je n'ai pas dit, Madame, quelles étaient mes intentions...,

FANNY

Vous ne l'avez pas dit... non, vous l'avez hurlé ! Et puis, je vous connais, vous êtes un cerveau brûlé, un brouillon... Vous êtes capable de tout. Quand yous êtes monté, vous perdez la tête. Voyons, Monsieur, dites comme moi... voulezvous exhorter \otre fils au calme ? Dites que vous l'empêcherez de faire un éclat, des bêtises, estce que je sais, moi !... Vous avez déjà eu des histoires avec lui... oui, cette histoire du Jockey- Club, quand on lui a arraché des mains un joueur qu'il avait à moitié éborgné, dans sa rage...

GASTON

Mais, Madame, vous ne saviez pas ce que vous dites ! Il s'agissait aussi d'une sanction... bien moins grave, d'ailleurs. Ici, il ne s'agit plus même d'une sanction, mais d'un châtiment.

DE CHARANCE

Mon fils a, comme son père, les sentiments de l'honneur très profondément ancrés en lui...

FANNY

Oh ! mais, oh ! mais, c'est que je commence par en avoir assez !... par-dessus la tête 1 C'est inouï

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