ACTE QUATRIEME i
ARMAURY
Quoi?
DIANE
Oui, il me citait la parabole de l'Evangile ; le banquet des \ierges folles et des vierges sages,., tu sais ?
Elle craque une allumette.
ARMAURY
Oh I l'Evangile et moi... <
DIANE Si, tu sais... (Elle cherche dans son souvenir.) les vierges folles qui ont usé imprudemment toute l'huile de leur lampe, et qui, pour cela, ne seront pas invitées au banquet et ne verront pas la face de l'époux... (Elle allume la veilleuse.) Et puis, ça finit par une phrase terrible : « Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l'heure... »
Elle souffle Vallumette. Silence.
ARMAURY, riant.
Eh bien, j'espère que nous avons une conversation excitante I S'il n'était pas si tard dans la nuit, je nous ferais monter un souper avec des boissons voluptueuses pour nous dégourdir... (Il Vemhrasse, Vétreint.) Va, ma chère beauté, tu peux t'en rapporter à moi... Je suis ton gardien robuste et vigilant.
On frappe à la porte,
DIANE
Tiens ! A cette heure-ci... qu'est-ce que ça peut bien être ?
ARMAURY Je vais voir. (Il va à la porte. Elle veut le retenir,) Qui est là ?
i54 LA VIERGE FOLLE
LE PORTIER, à travers la porte.
Une lettre.
Une lettre à une heure du matin î (Il ouvre. Le portier entre, remettant une lettre.) De la part de qui ? LE PORTIER
Une dame.
Marcel ouvre la lettre, il la lit à voix basse. DIANE
Qu'est-ce que c'est chéri ?
ARMAURY
Attends... (Au portier.) Voulez-vous attendre la réponse dans le couloir, s'il vous plaît ?