ACTE TROISIÈME aoi
que ma pensée a voulu votre union, que je vous ai confié l'Institut... (Suppliant.) Tu n'as pas juré, Jeanne chérie. Ne pleure donc pas... je ne mourrai point... Mais, quand bien même, la mort n'est rien !... Nos corps ne sont rien... (Il appuie la tête de sa femme contre sa poitrine.) Au-deS8U8 des cellules... regarde toujours... fixes... là-haut... les flambeaux... les idées... qui nous conduisent... C'est par elles que tout est beau, clair, juste... Peut-être qu'on ne les voit plus par-delà la mort... Vous qui les verrez encore... ah ! que je vous envie !... aimez-les... suivez leur manhc, suivez-les dans leur belle lumière, plus belle et plus regrettable que la lumière du jour I... Et puis, il faut que je vous dise... je vous conseille de continuer l'adjonction colloïdale... c'est sûrement la vérité... si le sélénium ne donne rien... essayez... d'autres métaux... (Il parle avec peine, à bout de souffle.) Dans trois ou quatre ans, vous arriverez, j'en suis sûr... C'est la clinique qui donnera la solution... Les pages 246 et 247... du livre...
MADAME BOUGUET, se penchant sur lui.
Que dis-tu ? Appelez Praviello... Appelez... Nous avons trop obéi...
BOUGUET, la retenant de la main.
Jure... Que tu tardes, ma chère âme !... Mon esprit dans ton esprit... toujours...
Il est tendu vers elle, avide de sa parole.
Il a une fièvre intense.
BOUGUET
Souvenez-vous... la lumière.
BLONDEL
Du sang 1... Mon Dieu du sang ! Est-ce que ?
MADAME BOUQUET
Du sang ! à flots ! Au secours... au secours... Pravielle.
BLOND EL, se précipitant à la porte, Pravielle I...
MADAME BOUQUET
Bouguet a un hoquet terrible. Un râle d'aspiration. Il tombe la tête en avant sur le corps de la chaise
longue.
Laurent, mon chéri !...