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ACTE DEUXIÈME a6i

au cas où vous en douteriez, aucun plaisir à le faire !

HADÂ.ME BOGQUET, en une attitude humble qui contraste avec celle du premier acte.

II y a, en effet, quatre ans, et presque jour pour jour, que vous avez eu la bonté de me recevoir à Villers-Cotterets ; il se peut fort bien que Madame Ulric n'ait aucune raison particulière de désirer revoir une femme sans importance, dont elle est bien aimable même de se souvenir, mais je suis persuadée que, lorsqu'elle connaîtra les motifs qui m'ont fait solliciter cette entrevue, elle ne regrettera plus de me l'avoir accordée.

MADAME DESROYER

Je suis là pour la remplacer, et, si vous avez une communication quelconque à faire, je vous écoute.

De la main elle les invite à s^avancer,

BOCQUET, en passant.

Je vous remercie. (Une fois passé.) J'avoue être très embarrassé... Je n'avais pas prévu le cas... (A sa femme.) Qu'en penses-tu, mon amie ?... (De dos à Madame Desroyer, Madame Bocquet fait un signe négatif.) Je crois, tout réfléchi, que ce que nous avons à dire ne peut s'adresser qu'à Madame Ulric.

MADAME DESROYER

Ah ! ah ! je m'en doutais un peu !

MADAME BOCQUET

Pardon, puis-je vous demander si c'est bien Madame Ulric qui s'est ravisée après nous avoir donné rendez-vous ?

BOCQUET

Car, Madame, vous me permettrez de m'éton- ■ner...

a62 LES SŒURS D'AMOUR

MADAME DESROYER

Vous n'avez pas à vous étonner, Monsieur !... Et je n'ai pas à vous répondre. Madame Ulric ne vous reçoit pas, un point, c'est tout.

MADAME BOCQUET

Enfin, Madame, ce matin, au téléphone, Madame Ulric a bien voulu, sur notre insistance, nous indiquer ce rendez-vous précis. Je n'ai eu qu'à lui dire que j'avais quelque chose de très grave à lui communiquer, elle n'a pas héfeité plus de quelques secondes à nous convier, entre quatre et six heures... chez elle.

Et quand bien même ce serait moi qui m'opposerais à cette entrevue ?

BOCQUET

Ah I vous voyez bien. Madame !... Je m'en doutais !...

MADAME DESROYER

Je pressens encore quelque chose de mauvais. Pour que vous veniez réveiller, sous un prétexte quelconque, un passé qui est oublié et qui n'a laissé ici que de mauvais souvenirs...

BOCQUET, V interrompt.

Mais, Madame, je ne sais pas à quoi vous faites ail...

MADAME DESROYER

Si, Monsieur, vous savez fort bien !... (Allant à eux et sur un ton plus confidentiel et plus ému.) Mais ce que vous savez probablement moins bien, c'est que ma fille, il y a quatre ans, a failli mourir de douleur! C'est que j'ai été la seule à connaître de quoi elle mourait! Les médecins l'ont traitée

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