‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 182 sur 254 · ACTE DEUXIÈME qjS · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME qjS

mes braves gens 1... Je n'interviendrai à aucun titre. Gela jamais, jamais... Voulez-vous que je vous le répète une troisième fois, j'y suis prête l

BOCQUET

Oh 1 Madame... ne vous emportez pas !... (Il se lève, désolé, mais poli.) Nous n'avons pas l'intention d'insister le moins du monde ou de vous importuner... Viens, mon amie...

MADAME BOCQUET, se lève à son tour.

Il n'y a vraiment pas de quoi vous mettre en colère, Madame. Depuis quelques jours, mon mari et moi, nous vivons comme des corps sans âme ! Dans notre désespoir, excusez-moi de m'être souvenue de vous... de l'affection que vous avez éprouvée pour mon garçon !... (La douleur a aussi donné à cette voix autrefois revêche un accent humble et doux,) Songez donc que vous lui auriez dit simplement : « Julien, il ne faut pas faire cela, mon ami,... il faut essayer de vous sortir de là, Julien... Restez avec votre femme... » Je le connais, il se serait troublé !... Je suis certaine que son cœur vous aurait entendue, vous !... (Et dans ce vous il y a encore tout un monde de regrets.) Ah ! VOUS n'auriez pas eu à la dire deux fois, vous !... Tant pis I Mais peut-être penserez- vous un jour, quand vous saurez qpie ce malheureux garçon est définitivement perdu, qfue vous auriez pu tout de même prononcer le mot qui l'aurait sauvé, empêché de partir... parce que... (Elle hésite. )^s^i\ en est arrivé là, eh bien... c'est qu'il n'avait jamais pu vous faire sortir de son cœur I... Ça, tout de même, il fallait vous le dire !..»

BOCQUET, inquiet, lui prenant la main.

Non, non, viens, ma bonne amie... N'insiste pas I J'espère que Madame ne nous en voudra

pas de notre démarche. Allons, viens, je te dis...

// veut Ventrainer.

MADAME BOCQUET

Adieu... Madame... et mille excuses.

Elle salue et passe. Au moment où ils vont sortir. FRÉDÉRIQUE, avec force.

Non, non, vous ne me ferez pas partager cette responsabilité! Voilà, moi, ce que j'avais à vous répondre !

Un temps, Monsieur et Madame Bocquet çont sortir par la porte de gauche.

FRÉDÉRIQUE, de loin, les arrêtant d^un geste.

Une seconde encore ! (Nouveau silence, puis embarrassée.) Voyons, peut-être... indirectement... y at-il un moyen qui vous satisfasse ?... Je veux dire, une lettre, par exemple, que vous lui remettriez... vous sufïirait-elle ? (Madame Bocquet fait un geste vague et rf^pife.; Naturellement non 1 Vous jugez que ce n'est pas assez !... Vous escomptez des sentiments plus largement mesurés !... Ah ! si vous croyez que je ne comprends pas votre manège !... Je comprends sur quelle émotion vous spéculez pour stupéfier votre fils... C'est habile !... Seulement, mon émotion à moi, elle ne compte pas ?...

Non ?... Ah ! les parents !... (Puis brusquement.)

Tenez, asseyez-vous et laissez-moi réfléchir au moins quelques instants.

Elle leur indique des sièges près de la table.

BOCQUET, radieux.

Madame !...

FRÉDÉRIQUE, sèche.

Ne parlez pas 1... (Elle reste alors sans rien dire, <Vabord, arpentant la pièce, puis s^accoudant à la cheminée. Les deux parents se taisent, anxieux mais ravis. Au bout

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