ACTE TROISIÈME 3i
paraît-il... Il fallait rudement restreindre, et au moment même où il commençait à gagner beaucoup d'argent ! Pas de chance ! Je sais bien que je suis, de ma nature, très dépensière.
FRÉDÉRIQUE
Ce ne sont pas les dépenses de votre toilette qui ont dû pourtant charger le budget !... Et puis, vous avez les revenus de votre fortune personnelle (Avec intention.) à laquelle OU n'a pas touché, je pense, dans aucun cas ?
ÉVELINE
Non, évidemment. Mais j'ai quinze mille francs de rente, pas plus... Ce sont les revenus des propriétés de la Guadeloupe... A un moment, figurez-vous, on n'avait qu'une bonne. Est-ce que TOUS vous en êtes aperçue ?
FRÉDÉRIQUE
Cela prouve que votre mari devenait pratique... Et ce n'était pas trop tôt...
ÉVELINE
Enfin, maintenant, avec les deux dernières commandes, le succès de nos immeubles... De tous côtés on court à lui 1...
FRÉDÉRIQUE
Oui, c'est à cause de cela même que j'ai tant insisté pour cfue vous changiez votre train de vie... Et puis il y avait des réformes urgentes à faire. A quoi rimait d'avoir un bureau séparé de son appartement, et dans un autre quartier, pardessus le marché ?... Je ne sais pas comment vous tolériez ça !... On n'a pas idée de laisser une liberté pareille à son mari 1
ÉVELINE
N'est-ce pas ?... Je me demandais quelquefois
3i4 LES SŒURS D'AMOUR
s'il ne protégeait pas un peu plus que sa liberté,.. (Fréderique se lève né gli gemment .)Wo\xs VOUS leveZ l... Vous n'êtes pas pressée 1
FRÉDERIQUE
Pas le moins du monde.
ÉVELINE, désignant le canapé.
Tenez, mettez- vous là. Plus tard, j'oserai me confier toute à vous !... Je n'oserais pas encore... Je n'ai pas d'amies et Julien m'a toujours tenue à l'écart moralement. Sentez-vous la grande sympathie que j'éprouve pour vous, Madame ?... Ah I c'est que vous êtes tellement autre que celle que j'avais vue à Villers-Cotterets,avant mon mariage. Vous paraissiez hautaine, distante...-
FRÉDÉBIQUE
Vraiment ? Tant que ça ?
ÉVELINE
Par la suite, je n'ai pas insisté. Je me rendais bien compte que Monsieur Ulric était brouillé avec Julien, à cause de mon mariage.
FRÉDÉRiQUE
Pourquoi cela ?
ÉVBLINE
Oh ! Monsieur Ulric aurait désiré garder Julien encore quelques années comme employé... Ça l'a gêné!... Enfin bref, avouez que je vous étais à tous deux franchement antipathique ?
FRÉDÉRIQUE
Je ne vous connaissais pas assez.
ÉVELINE
Et même depuis, quand Monsieur Ulric et Julien ont repris leurs relations, vous ne vous y