ACTE TROISIÈME
lien !... Vous avez été ce matin probablement imprudent 1 Les quelques mots que vous m'avez dits me donnaient cette impression...
JULIEN
Éveline !... Marie !... Voyons, Marie, où est Madame ?...
MARIE, à la porte.
Je ne sais pas, Monsieur.
JULIEN
Eh bien, allez voir !... Allez dans la chambre... vite !... Qui a apporté la lettre, tout à l'heure ?...
MARIE
Un chauffeur, Monsieur.
JULIEN
Avec une livrée marron ?
MARIE
Oui, Monsieur.
Appelez Madame tout de suite !... (Marie passe par la salle à manger.) Ce n'est pas croyable !... Peut-être a-t-on remis à Eveline par erreur une lettre qui m'était adressée.
FRÉDÉRIQUE
Par erreur calculée, peut-être !...
JULIEN
Ah I on ne sait jamais !
FRÉDÉRIQUE, nettement.
Écoutez, Julien... quoi qu'il arrive par la suite, donnez-moi votre parole qu'il n'y a pas possibilité que la boue vienne jusqu'à moi... que cette personne ignore tout de nous !... Votre parole d'honneur 1
JULIEN
Vous êtes absolument en dehors de cette rupture, je vous le jure I Gomment pouvez-vous en douter ?...
FRÉDÉRIQUE, rassurée.
Tant mieux !... Car j'ai la sensation très nette que vous vous trouvez en face d'une espèce de chantage...
JULIEN
Ah ! si elle avait osé ça, par exemple I
FRÉDÉRIQUE, montrant Marie qui revient.
Prenez garde !...
MARIE, rentrant.
Non, Madame n'est pas ici ...
JULIEN
Pourtant elle n'est pas descendue... Vous m^ l'avez pas vue descendre ?
MARIE
Madame a accompagné, je crois. Monsieur Mercereau jusqu'à la porte d'entrée... Je vais aller voir... Je vais demander à François.
JULIEN
C'est bon... J'y vais moi-même.
Marie s^en retourne par la salle à manger. FRÉDÉRIQUE, retenant Julien.
Voulez-vous que je ne quitte pas Eveline ?
DASTUGUE, paraissant tout à coup à droite et hors d'haleine.
Descendez vite, très vite I Elles sont toutes, les deux, en bas, dans le vestibule d'entrée... Quand je suis passé, Madame Tessier m'a interpellé...