‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 235 sur 254 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

ÉVELINE

Deux coupables, deux complices... mon mari et votre femme...

PRÉDÉRIQUE, se débattant dans une crise de désespoir impuissant.

Qu'est-ce qu'elle dit ?

ÉVELINE, continuant.

... Nous ont trahis pendant des années, odieusement trahis !

FRénéRIQUE, êUa crie.

Ce n'est pas vrai I Ce n'est pas \Tai I

ÉVELINE

Venez, Monsieur... Par moi vous connaîtrez la vérité !

FRÉDEBIQUE

Mais, c'est à se casser la tête contre les murs 1

ÉVELINE

Je vous attends ! Venez, Monsieur, venez ! Elle a raccroché précipitamment Vappareil.

JULIEN, menaçant.^

Ah 1 tu as vite appris comment on se venge, toil

ÉVEUNS

J'ai tout à coup l'inspiration de l'amour, mon cher !

FRÉDÉRIQUE

C'est fini, tout s'est écroulé !... J'étouffe !. J'ai mal... J'ai mal !...

Elle essaie de se lever, de marcher, chancelle et s*aba contre un fauteuil, presque sans connaissance.

JULIEN

Tiens, regarde la pauvre qui s'évanouit !

ÉVELINE

Soigne-là à ton aise, ton amour adoré qui d^ faille... mais soigne-la vite, car dans cinq minute le mari sera chez nous, et pour ce moment-là i faut que nous ayons retrouvé chacun toutes no forces ! Soigne-la, toi qui n'a pas eu un mot qu fût pour moi !... Oh ! vous fuir, fuir vos tête rapprochées, tes yeux de haine... C'est un spec tacle insoutenable ! Je ne peux plus ! Je ne peu: plus !

Elle s^enfuit, comme devant une place en feu. Eli disparaît par la salle à manger, et, la porte d fond refermée, on entend encore un instant s clameur de rage et de douleur.

Page 1