SCÈNE XIV BOUGUET, MADAME BOUGUET, se«ls
BOUQUET, voulant parler.
Jeanne... Jeanne...
MADAME BOUGUET, très simplement, Varr^.te du geste.
Il faut d'abord que tu écoutes ceci... Tu jugeras si j'ai bien dit ce qu'il fallait dire. Si quelque chose ne te plaît pas, un mot même, barre. (Elle lui tend le stylo graphe.) Tu verras, les premières phrases sont insignifiantes, un remerciement banal... je les passe : « Je remercie les amis connus et incormus... je conserverai leur témoignage, etc. » Tiens, le prote a sauté un mot... Passe-moi le stylographe...
Elle lui reprend le stylo des mains et corrige. BOUGUET
Jeanne, ma chérie...
MADAME BOUGUET, vivement.
L'essentiel, le voici. Ecoute : « Je ne voudrais pas que ce témoignage de sympathie eût cependant un caractère personnel... Je tiens à le redire ici... ma part de collaboration a été une œuvre modeste et respectueuse aux côtés de l'homme le plus grand, le plus haut de cœur et d'esprit que je connaisse, le guide le plus sûr... Notre collaboration fut si étroite, nos heures furent si mêlées, que, pendant vingt ans, je puis le dire, nous ne connûmes pas une minute qui ait été dissociée, pas un instant qui n'ait été la plus efficace des tâches... »
Elle s^arrête, étranglée d'émotiony elle ne peut plus parler.
BOUGUET
Ma bien-aimée...