‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 92 sur 254 · SCÈNE XVI BLONDEL, BOUGUET · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI BLONDEL, BOUGUET

BLONDEL, le poing tendu de suite.

Pourquoi m'as-tu fait épouser ta maîtresse ?

BOUGUET

Ta t'égares, Blondel. Je t'aflBrme que...

BLONDEL

Allons, allons, pas de phrases, maintenant. Liq-uidons la vérité... la vérité I Ah 1 il la faut, par exemple I J'ai été le benêt, le malheureux sot qu'on a berné, le dernier des imbéciles, je le reconnais !... J'avais la foi !... Sa maîtresse 1 J'ai

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servi à cela ! Gomme c'était commode, en effet ! Tu l'avais là, à la portée de ton désir... à la portée de ta main, et désormais c'était l'impunité, la tranquillité sereine. Gredin !

BOUGUET

Ce n'est pas vrai ! Faire de ta femme ma maîtresse, c'est une accusation d'ignominie qui ne peut m'atteindre 1

BLONDEL

Ah ! prends bien garde. Si tu mens, prends bien garde, parce qu'il n'y a pas d'amitié qui tienne... Si tu as osé cette saloperie...

BOUGUET

Je le nie.

Alors, alors, tu vas m'expliquer ta présence ici ce soir, dans ma maison. Oui, allons, c'est inutile de bluffer ! Tu as dû fuir et trouver fermée la porte par où tu t'étais glissé dans ma maison, là, derrière... Sache que c'est moi qui avais donné le tour de clef... D'ailleurs, je n'ai eu qu'à regarder le visage de ta femme, le visage épouvanté de la malheureuse quand elle est ressortie de ma maison. Allons, tout t'accuse, tout I Eh bien, réponds ! Réponds donc, si tu le peux I

BOUGUET

Quand tu te seras apaisé ! Je ne puis répondre qu'à ce prix. Rien ne s'est passé que de très simple et de très ordinaire. Rappelle-toi, voyons. Je t'ai dit autrefois : il y aura un danger à redouter dans ce mariage, c'est l'influence que je pourrai garder sur l'esprit de cette enfant, car ce que tu ne dis pas aujourd'hui, c'est que tu savais qu'elle m'aimait. Oui, oui, tu le savais, seulement tu en avais fait bon marché, tu avais passé

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