ACTE TROISIÈME i
dans sa lettre une phrase à double sens... Je te laisse Passerose !
PASSEROSE
Elle m'a dit simplement : « Sois bonne pour lui I » Les femmes consolent d'une femme...
MAX
Tu me consolerais, toi ?... (Tout à coup hors de lui, comme si un coup de sang lui montait à la tête.) Va-t'en, va-t'en !... Voilà donc celle qu'elle avait prévue pour essuyer mes larmes !... (Il la poursuit dans la pièce.) Va-t'en, je te déteste, comme je vous déteste toutes... Vous êtes toutes des filles... Tu as vingt ans et tu portes tout l'esclavage humain sur ton visage !... Ah ! vous vous entendez bien entre vous... Tas de v...
^SEROSE
Max, Max... mais tu es fou... Mais c'est affreux,
oh !
Elle tombe sur la chaise longue, apeurée, tous ses nerfs tremblants, et sanglote, la tête dans ses mains.
MAX
Je suis fou, en effet, je ne sais pas... ce que je dis ! 11 faut m'excuser, pardonne-moi !... Je t'ai fait de la peine injuste, c'est malgré moi... Je sais que tu as bon cœur, que mon malheur te touche... Va ! je mentais... Tu es jolie et elle comptait sur ta beauté !... Je t'aurais rencontrée, dans ces temps de jeunesse folle où l'on suit la beauté sans savoir où elle vous conduit, je t'aurais peut-être aimée comme une autre... mais maintenant, je n'ai plus rien, tout croule... n'est-ce pas ? Oh ! je ne fais pas fi de ton amitié !... Tu me comprends, hein ?... Je ne suis pas méchant.
Je ne t'en veux pas... c'est si naturel !... Tu
souffres ! Si ça peut te soulager de crier contre moi comme si tu criais contre toutes les femmes, vas-y !
MAX
Amis, hein ?... Amis, comme elle disait !
PASSEROSE
Amis... mais oui...
Passerose a tiré d'une pochette une petite boite d'or. Elle Vouvre. Avec une pelle divoire, elle puise, approche la pincée de sa narine et respire.
MAX
Qu'est-ce que tu renifles là ?... Ah ! de la drogue... c'est vrai !
PASSEROSE, voluptueusement, savourant V extase à l'avance.
Si tu savais, aussitôt qu'on a du mal !... Tout devient beau... on est léger...
MAX, avec un geste de dégoût.
Oui... tu as ça, toi !... Je méprise cet oubli-là... Pas celui-là, peuh ! Quelle misère !
PASSEROSE
Ne dis pas ça 1... Tu ne connais pas... Si tu essayais, tu verrais... tout de suite le moindre effort devient facile... le monde est limpide.
Non, c'est un pauvre oubli !... Il y en a d'autres... Réponds-moi, pendant que tu es encore lucide... j'ai besoin que tu me donnes un conseil... Ton impression est bien que c'est fini... qu'il est inutile que je tente quelque chose ?
PASSEROSE
Oh ! il vaut mieux être franohe avec toi... Ne te