MM
Gabriel Levasseur Félix IIogdbnet.
Le Soldat Victor Francrn.
Pbiuppb Levassbdr Jban-Sylvestrb.
Le Secrétaire Fernal .
Mines
Jbannb Boolard Jbanne Granibr.
Mmb Levasseur Sdzannb Mdntb.
Bledtte Andréb Féranne.
Le Dombstiql'b Dblsinne.
Je suis très heureux du succès que fait à la Possession le grand public, toujours si finement, si profondément oomprêbensif et qu'aucune obstruction ne détourne de la sincérité et de l'humanité, mais, je le disais à cette place, si le succès ne se fût pas produit, je n'en aurais été ni autrement surpris ni autrement ému. J'envisageais l'éventualité qu'un tel sujet (de ceux qu'on peut ranger, selon la classification de Bernard Shaw, parmi les sujets déplaisants, avec son étude de mœurs particulières et son absence de personnage sympathique) n'intimidât l'opinion, et j'indiquais les raisons impériqui m'avaient néanmoins déterminé à produire une composition que je ne pouvais rayer plus longtemps de mon programme.
Des causes moins rudimentaires et de meilleur aloi ont provoqué la laveur du public. C'est tant mieux ; mais ce que je disais à propos de la Possession, je peux, pour de tout autres motifs, le redire à propos de la Chair humaine. Il est possible que les spectateurs ne trouvent point, dans cette sobre comédie dramatique, d'éléments suffisants de curiosité. Cette opinion me paraîtrait tout à fait légitime, et je n'ai rien fait en tout cas pour l'éluder.
Il faut continuer sa route, écrire ce que l'on
aa4 LA CHAIR HUMAINE
a à écrire, mal ou bien, sans souci des succès faciles, n'écouter que son goût personnel, en s'employant du mieux possible à l'étude que l'on a résolu de poursuivre dans tous les milieux et dans toutes les sphères du sentiment. |8f|Du moins, telle est et telle a toujours été ma conception. Voilà plus de vingt-cinq ans que j'observe ces principes, et comme, après avoir imposé, durant un quart de siècle, ses idées à la foule, le risque que l'on court à continuer n'est pas bien considérable, je suis décidé, plus que jamais, à ne pas me départir d'une ligne de conduite qui m'a, jusqu'ici, procuré l'approbation soutenue du public et l'aversion de cette classe de la société, à la susceptibilité si réputée, dernier rempart, comme chacun sait, de la vertu et du bon goût : le journalisme.
De quelques synthèses
Je reconnais, à la décharge des opposants, que j'ai inauguré, au théâtre, une recherche d'ensemble jusque-là exclusivement réservée au roman, et l'habitude n'est malheureusement pas encore prise d'envisager nos œuvres dramatiques d'un point de vue universel et qui s'étende au delà de la pièce intrinsèquement représentée. D'où équivoque sur les milieux portés à la scène et les propres tendances de l'auteur : les adversaires de ce dernier s'en donnent toujours à cœur joie d'embrouiller, à plaisir, les cartes, à cette occasion, et d'incriminer ses intentions personnelles. Pour les gens de bonne foi — et il y en a des deux lûtes de la barricade — un sincère et rapide coup d'œil sur nos œuvres pas-
PRÉFACE aa5
sées suffirait, pourtant, à préciser le plan de l'auteur et la diversité de son programme. En ce qui me concerne, rappellerai- je quelques-unes de ces synthèses ? Maman Colibri (la famille mondaine et les fonctions de la femme), la Marche nuptiale (l'orgueil de caste et le don de soi), le Scandale (la province et la liberté de conscience), Poliche (la fête parisienne, la vulgarité et le sentiment), le Masque (les cérébraux ; littérature et imagination), la Femme nue (les artistes, le mariage et l'union libre), la Vierge folle (la grande épouse bourgeoise et l'abnégation, l'Uxor), V Enfant de V amour (les courtisanes et le déplacement des valeurs morales), les Flambeaux (les savants, le plan supérieur), le Phalène (les métèques, les barbares), l'amour plastique, les Sœurs d'amour (la catholique, la féminité et les dogmes), l'Animateur (les politiciens, l'idéalisme civique), la Tendresse (le monde des théâtres, la liberté de la femme) , la Possession (la prostitution, son esclavage, le grand crime naturel), etc.