‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 149 sur 236 · SCÈNE PREMIÈRE JEANNE, UN DOCTEUR · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE JEANNE, UN DOCTEUR

LE DOCTEUR

Puisque vous n'avez plus que cinq mois avant le sevrage, allons, un petit effort ! Vous commencerez dans quelques semaines à lui donner des cuillerées d'aliments.

JEANNE

Je ne peux pas, je vous assure. Il faut absolument que je reprenne mon ouvrage, c'est indispensable. Je pourrais bien le mettre à la crèche municipale du quartier, mais le père préfère que je le mette dans un établissement bien.

LE DOCTEUR

Qu'est-ce que vous êtes vous ?

Couturière à la journée. Je travaille en maison bourgeoise... et quelquefois je travaille en chambre pour de grands magasins.

LE DOCTEUR

Et le père ? Qu'est-ce qu'il est, le père ?

JEANNE, hésitante.

LE DOCTEUR

Ça vous gêne à dire ?... Allons, quoi !... au docteur... Je ne vous le demande pas par curiosité, car vous ne savez pas à quel point ces choses me sont indifférentes. Mais, puisque vous voulez faire entrer votre gosse dans une maternelle convenable, il faut que je sache vers quelle pouponnière le diriger et si l'on peut compter aussi sur le paiement de la pension, car je ne suppose pas que vous allez la payer à vous toute seule ?

JEANNE

De ce côté... il n'y a rien à craindre. Le père est tout jeune, mais il s'arrange pour assurer la vie du petit. Ses parents sont aisés. Plus tard, il sera riche. Oh ! je poux bien vous le dire, Monsieur le docteur, c'est le fils des patrons chez lesquels je travaille.

LE DOCTEUR

Naturellement ! L'éternelle histoire ! Sacrées filles <fu<! vous êtes, toutes !... Vous vous êtes laissé faire un gosse par un gamin de... de queJ Ôtre môme pas majeur ?...

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