‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 187 sur 236 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

OÙ l'ai-je mis ? (A Madame Levasseur.) Vous voyez, Madame, je n'ai pas encore mes habits de deuil. Mais un vieux manteau noir et des yeux rouges, dans la rue, ça suffît pour nous désigner et pour qu'on dise : « En voilà encore une I »

MADAME LEVASSEUR, V aidant à mettre son manteau et sur un geste d'excuse de Jeanne.

Si une mère, Madame, ne comprenait pas votre douleur, qui la comprendrait jamais ? Quand on a aimé, chéri, protégé, gâté même son enfant, rien qu'une pareille idée vous fait passer des frissons ! Mon Dieu ! Mon Dieu ! que pareille chose m'arrive et je ne sais pas ce que je deviendrais ! Je vous plains sincèrement de tout mon cœur, sans vous connaître !

JEANNE

Merci, Madame. En revanche, je vous souhaite d'être une mère heureuse !

MADAME LEVASSEUR

Dieu vous entende !... (A son man.) Le fils de Madame n'était pas de l'usine...

LEVASSEUR

Non, non... le père seulement !

MADAME LEVASSEUR

Alors dans ce cas, Madame, au moins, il vous reste...

JEANNE, l'interrompant en la regardant bien dans les yeux.

Pas même ! Mon fils était orphelin, Madame... Adieu, Madame, et encore merci, Monsieur Levasseur.

Elle sort.

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