ACTE DEUXIÈME 29S
une heure à réfléchir, les choses n'en seront pas plus avancées... Il faut se décarcasser tout de suite. Quelle chiffe ! Allez ! téléphone à Terroul i
LEVASSEUR
Je n'ai aucune envie de téléphoner à Terroul.
MADAME LEVASSEUR
Je comprends ça, ce n'est pas réjouissant I
LEVASSEUR
Il s'agit d'une circulaire parfaitement légitime.
MADAME LEVASSEUR
D'accord.
Elle décroche le récepteur et le lui passe. LEVASSEUR
Laisse ça. Qu'est-ce que tu veux que je lui dise à Terroul ? Et puis, franchement, très franchement, je désapprouve cette nouvelle intervention... Nous avons l'air...
MADAME LEVASSEUR
Nous avons l'air... oui... il est possible que, pour les gens superficiels, nous ayons Pair... Mais nous deux nous savons très bien que, s'il n'a aucune maladie organique avérée, la constitution nerveuse de Fifi en ferait une recrue pour les hôpitaux, si...
LEVASSEUR, interrompant, agacé.
Oh ! je t'en prie, n'appelle pas ton fils tout le temps Fifi !
MADAME LEVASSEUR
Je ne l'appelle pas tout le temps.
LEVASSEUR
Non, mais chaque fois que tu le crois en danger... que tu le sens diminué, en proie aux contraintes de la vie, alors il redevient Fifi... C'est un peu ridicule... Donc, Philippe...
MADAME LEVASSEUR
Et toi, tu prononces ce mot fortement, comme s'il s'agissait de je ne sais quoi, d'un taureau ! Donc Philippe...
LEVASSEUR, continuant.
...Sans être un hercule, jouit d'une santé parfaitement tolérable.
MADAME LEVASSEUR
Il frise l'auxiliaire !
LEVASSEUR
Il frise...
Qu'est-ce qui te prend, aujourd'hui ?... Fifi a toujours été très délicat et nous ne l'avons élevé, tu le sais, toi le premier, qu'au prix des soins les plus assidus... S'il a bonne mine, en apparence, c'est d'abord grâce au costume militaire qui lui donne un air sportif et qu'il porte fort bien.
LEVASSEUR
Allons, personne ne nous entend, Adèle ! tu te rends si bien compte que ce sont des arguments pour la galerie et que Philip]»»1 ne devrait pas être a la censure, que, dernièrement, je t'ai entendue affirmer devant des gens: « Notre ftls a été trèa éprouvé par les gaz... » A ce point, ma parole,