‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 205 sur 236 · LEVASSEUR, MADAME LEVASSEUR, PHILIPPE, BLEUETTE SORBIER · texte numérisé non relu

LEVASSEUR, MADAME LEVASSEUR, PHILIPPE, BLEUETTE SORBIER

MADAME LEVASSEUR

Enfin ! les premiers gâteaux au vrai sucre !... La pâtissière m'a donné sa parole qu'il n'y avait pas de saccharine. Un éclair, Bleuette ?

LEVASSEUR

Qui m'eut dit, quand cet enfant partait pour le front, que nous serions là, un an après, presque jour pour jour, victorieux d'abord et heureux, ma foi, oui, heureux... Ouf !... délivrés d'une si grande angoisse !

niiLippE Démobilisé !... en pékin !

LEVASSEUR

En pékin !... c'est un mot de ma jeunesse. Ça se dit encore ?

3aa LA CHAIR HUMAINE

PHILIPPE, montrant Bleuette.

Et fiancé, un beau matin, avec cette jolie petite personne dont j'ignorais, il y a deux mois, l'existence... que, d'ailleurs, j'ai peut-être rencontrée vingt fois quand elle était petite fille, sans me douter qu'un jour viendrait où nous déciderions de passer cinquante ans ensemble !

BLEUETTE

Pourquoi cinquante ?... Plus de restrictions l allez-y !

LEVASSEUR

En somme, Bleuette, vous n'avez presque pas connu Philippe en militaire ?

BLEUETTE

Je l'ai vu deux fois en uniforme... à sa dernière permission, il y a six mois... Je l'avais rencontré chez les Dorfeuil... mais il ne m'avait fait aucune impression, je l'avoue.

PHILIPPE

Merci, vous êtes gentille !

MADAME LEVASSEUR

Pourtant, on vous avait bien dit quelle conduite héroïque il avait eue au repli des Ardennes ?

BLEUETTE

Peut-être, mais, à ce moment, tous les permissionnaires à mes yeux étaient héroïques... Us avaient tous la Croix de guerre.

PHILIPPE

Nous étions tous cités... c'était d'une écœurante banali

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