SCÈNE II
Les Mêmes, LE SOLDAT, s'appuyant sur une canne.
Madame, Messieurs !
Il salue.
LEVASSEUR
^ Vous pouvez parler sans gêne. Ma femme, mon fils... Ils sont tous deux au courant de la mort héroïque de votre camarade.
MADAME LEVASSEUR
Vous étiez son ami, Monsieur ?
LE SOLDAT
Intime. Même régiment, même classe.
MADAME LEVASSEUR
Asseyez-vous, Monsieur, vous serez mieux.
LE SOLDAT
Vous êtes bien aimable, Madame...
Il boite légèrement.
MADAME LEVASSEUR, Ini tendant une chaise sur laquelle il s'assied.
Vous éprouvez une difficulté à marcher ?
LEVASSEUR
Auriez-vous été blessé ?
LE SOLDAT
Oui, un petit pruneau dans la jambe droite. Ça ne compte pas.
Blessé... Il y a longtemps ?
LE SOLDAT
Au moulin de Laffaux.
LEVASSEUR
Au même endroit que...
Il s'arrête.
LE SOLDAT
Oui... le même jour.
LEVASSEUR
Je comprends pourquoi Madame Boulard m'a ^crit que vous nous donneriez sur la fin de ce pauvre garçon tous les renseignements possibles.
PHILIPPE
Je vous écouterai, croyez-moi, Monsieur, avec une grande émotion... Moi-même, je suis avide de connaître...