‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 218 sur 236 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LEVASSE UR

Est-ce une allusion... ou bien votre camarade ne vous a-t-il pas mis au courant...

Il s'arrête.

LE SOLDAT De ?...

LEVASSEUR

De certains faits concernant sa naissance ?

LE SOLDAT

Nous parlions plus de mort que de naissance à ce moment-là... Je ne sais pas de quoi vous voulez parler...

LEVASSEUR

Vraiment ?... Il ne vous a fait aucune confidence à ce sujet ?

LE SOLDAT

C'était un type bourru... peu loquace... ce qu'on appelle un renfermé.

LEVASSEUR

Se plaignait-il de la vie ?

LE SOLDAT

Dans les tranchées, est-ce qu'on se plaint jamais de la vie ?... La vie !... c'est que c'est quelque chose !

LEVASSEUR

Si elle a été trop mauvaise... pourtant !... Est-ce qu'il en voulait à des gens ?

Je crois que oui, tout de même... Des fois... oui... Mais pour sa maman qu'il aimait bien, il savait

dissimuler. Il ne voulait pas qu'elle eût encore de la peine à cause de lui. Une première fois, c'était suffisant.

LEVASSEUR

Comme VOUS dites ça !... (Il le regarde fixement.) Mais... Oh ! c'est inouï...

LE SOLDAT

Quoi ?

LEVASSEUR

Le haut du visage... les yeux...

LE SOLDAT

Faut faire comme ça... Imaginez-moi avec la barbe... (Il lève le coude à la hauteur des yeux.)

Vous verrez, c'est bien plus extraordinaire quand on fait comme ça...

LEVASSEUR

Est-ce qu'on vous a déjà dit que vous lui...

LE SOLDAT

Vous ne voudriez pas que ce soit la première fois. ( Levasseur a ouvert un portefeuille et pris la photographie.) Tenez, dans cette pose. (Il croise les bras comme s'il prenait la pose de la photographie qu'il n'a

pourtant pas regardée.) Comparez bien... Comme ça... je crois... que c'était comme ça.

Ma parole 1 je ne saurais pas que ce malheureux est mort...

LE SOLDAT

Votre cœur battrait, hein ?... (S'avançant vers Levasseur.) Regardai de plus près.

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